Le traitement de la dette souveraine dans les stress tests préoccupe la BCE
Le traitement de la dette souveraine lors des stress-tests bancaires qui seront réalisés l’année prochaine en Europe est un casse-tête pour les banquiers centraux. Un sujet «infernal», a reconnu le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, lors d’une conférence sur la régulation financière organisée par L’Agefi le 12 décembre.
Le banquier central, qui n’a pas de position tranchée sur le sujet, argue que les décotes appliquées aux actifs dans le cadre de stress-tests sont calculées sur des historiques de pertes. Or, pour les emprunts d’Etat, les résultats de ces calculs sont presque toujours équivalents à zéro. «Pour stresser la dette souveraine, il faut introduire un jugement de valeur. Et qui est capable de dire à tel pays, «je vous mets, à titre de précaution, telle décote et à tel autre pays, telle autre décote», sans que cela repose sur une analyse scientifique?»
«Est-ce que nous devrions prendre dans les stress tests une hypothèse de défaut temporaire des Etats-Unis d’Amérique, par exemple, en imaginant qu’il puisse y avoir le scénario que certains avaient imaginé cet été en cas de blocage institutionnel ? Si on fait cela, ça veut dire que ça a des conséquences qui ne sont pas forcément très importantes mais quand même des petites conséquences sur nos banques quand on fera les stress tests».
Les tests de résistance constituent la troisième étape du bilan de santé de quelque 130 banques que la Banque centrale européenne (BCE) va conduire jusqu’au mois de novembre prochain. Ils seront menés avec l’Autorité bancaire européenne (EBA) après l’évaluation des risques et la revue de la qualité des actifs (AQR) mais les détails de l’exercice n’ont pas encore été dévoilés. Même si le traitement à accorder à la dette souveraine reste en débat, «je ne crois pas que ce soit le principal problème des stress-tests», a relativisé Christian Noyer. «C’est beaucoup plus en réalité la définition du scénario de choc macroéconomique, financier, qui est à imaginer».
Le banquier central se montre en tous cas plutôt confiant sur le résultat du bilan de santé : «je crois qu’il ne faut pas exagérer les risques devant nous, il y a déjà eu ces dernières années, sous des formes diverses, beaucoup de ménage de fait». A ses yeux «les banques françaises sont prêtes» et la plupart de celles qui auraient à augmenter leur capital à l’issue de l’exercice devraient le faire sans difficulté sur les marchés.
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