Le taux interbancaire japonais est également entaché par des manipulations
L’affaire des taux monétaires rebondit au Japon. Après le scandale du Libor qui frappe Barclays, RBS a décidé de se retirer du panel des banques qui contribuent à la fixation des taux Tibor (Tokyo Interbank Offered Rate), l'équivalent du Libor pour le marché japonais, selon le Financial Times qui ne cite pas de source. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce sont des soupçons de manipulation des fixings du Tibor par des traders de la banque britannique, pourtant sous tutelle de l’Etat, qui ont conduit à cette décision.
Ce qui nelaisse plusque trois banques non japonaises, à savoir JPMorgan, BNP Paribaset Deutsche Bank, contributrices à la fixation de l’Euroyen Tibor sur les places étrangères, et plus qu’une seule, BNP Paribas, sur le marché domestique nippon. UBS and Citigroup s'était déjà retirées du panel en début d’année après qu’une enquête a établi des manipulations sur le Tibor de la part des deux banques américaines. RBS s’est également retirée du panel de fixation du taux Hibor en dollar américain à Hong Kong et envisagerait en outre de se retirer en octobre du panel sur le Hibor en dollar hongkongais.
Une décision qui sème le trouble sur la participation volontaire des banques au fixing qui sert de référence quotidienne aux marchés monétaires. Si le Tibor est déterminé par les banques du panel en fonction des estimations de taux de financement non sécurisé, le Libor est fixé au taux auquel chaque banque estime qu’elle pourrait obtenir un financement. L’association des banques de chaque zone (BBA pour le Royaume-Uni et JBA pour la Japon) évincent les deux cotations les plus fortes et les plus faibles pour en tirer une moyenne.
Un système qui laisse place à des imperfections de marché, le taux Tibor à 3 mois étant de 0,337%, alors que son équivalent à Londres, le Libor yen 3 mois, est à 0,195%. La JBA compte améliorer le processus de fixation du Tibor, en tenant compte des avancées au Royaume-Uni.
Les autorités japonaises enquêtent également sur Japan Advisory et demandent à douze contreparties, dont Deutsche Bank, Goldman Sachs et Nomura, de fournir les détails de leurs transactions avec le groupe, soupçonné de délit d’initié. De son côté, le gouvernement britannique, prenant la dimension tentaculaire de la fraude sur le Libor, va augmenter le budget du bureau des enquêtes sur les fraudes (Serious Fraud Office), réduit de 38% durant les cinq dernières années.
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