Le spectre d’une crise du crédit plane sur l'économie brésilienne
Le Brésil est-il à l’aube d’une crise financière ? L’envolée des crédits octroyés par les banques brésiliennes de 74% depuis 2009 s’est accompagnée d’une hausse du taux de défaut des crédits à la consommation à 8% en mai, contre 6,4% un an plus tôt, selon la banque centrale. Une hausse qui coïncide avec une baisse du taux d’intérêt demandé par les banques à 38,8%, son plus bas niveau historique. Les ménages brésiliens consacrent 22,3% de leur revenus au remboursement de leur dette, contre 19,8% un an plus tôt et le poids de la dette dans leur revenu a atteint un record de 43% fin mars.
Tulio Maciel, qui dirige la recherche économique de la banque centrale, explique néanmoins que «la poursuite des conditions favorables sur le marché du travail qui tirent les salaires à la hausse, couplée à la baisse des taux d’intérêt, devraient faciliter le remboursement de la dette des ménages». Le taux de chômage est certes tombé à 5,8% en mai, mais les économistes anticipent une hausse dans les prochains mois liée à la dégradation de l’activité.
Début avril, la banque centrale était intervenue pour placer un petit établissement, Banco Cruzeiro do Sul, sous tutelle du fonds de garantie des dépôts local pour une durée de six mois et écarter les dirigeants suspectés de fraude comptable. La presse locale avait alors expliqué que les autorités avaient constaté une perte de 1,3 milliard de réaux (500 millions d’euros) liée à des emprunts fictifs.
Si les banques petites et moyennes avec des capitaux de moins de 5 milliards de réaux détiennent un portefeuille de crédit de quelque 165 milliards, ce problème touche également les grands établissements du pays. Itau Unibanco a augmenté ses provisions pour créances douteuses de 37,7% au premier trimestre, Banco do Brasil de 36,1% et Banco Bradesco de 31%. Les défauts sur les crédits automobiles ont conduit ce dernier à injecter 2 milliards de réaux lundi dans sa filiale Banco Votorantim, selon la presse locale.
Des risques sanctionnés par Moody’s qui a dégradé cette nuit de un à deux crans la note de 11 établissements financiers du pays, dont Banco do Brasil, banco Santander (Brasil), HSBC Bank Brasil, Banco Bradesco et Banco Itau.
La BRI a indiqué que les conditions monétaires globales extrêmement accommodantes et la recherche de rendements élevés qui en découle affectent la qualité des crédits dans les pays émergents. Ceci crée, selon elle, «des risques d’une hausse des déséquilibres financiers de même ampleur que celle connue dans les économies développées dans les années précédant la crise».
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