Le spectre de la récession plane sur la France
La France ne devrait pas échapper à la récession d’ici à la fin de l’année. C’est en tout cas ce que prédit la Banque de France qui prévoit une légère baisse de 0,1% de l’activité économique au quatrième trimestre dans sa dernière enquête de conjoncture pour le mois d’octobre. Alors que le gouvernement vient de présenter une série de mesures destinées à renforcer la compétitivité hexagonale, les signaux pointant le décrochage de l’économie française se multiplient.
Fragilisée par la baisse de l’activité automobile, la production industrielle a ainsi chuté de 2,7% en septembre, tandis que la production manufacturière a plongé de 3,2%, selon les estimations de l’Insee. Le pessimisme des principaux acteurs économiques a aussi de quoi inquiéter. L’indicateur du climat des affaires dans l’industrie est resté stable en octobre à 92, tout près de son plus bas niveau atteint il y a presque trois ans.
Pour le troisième trimestre, la Banque de France a déjà estimé que l’activité économique française a reculé de 0,1%. Si l’Insee venait à confirmer ces estimations le 15 novembre pour le PIB du troisième trimestre, puis début 2013, cela serait le premier épisode de récession depuis que la France est sortie de la crise au printemps 2009. Dans ses dernières prévisions l’Insee considérait que le PIB devrait stagner au troisième et au quatrième trimestre, ce qui porterait à cinq le nombre de trimestres consécutifs de croissance atone, une première depuis l’après-guerre. Le pays n'éviterait la récession, selon l’institut statistique, qu'à la faveur d’une baisse massive du taux d'épargne.
Vendredi, Christian Noyer le gouverneur de la Banque de France a tenté de tempérer en déclarant que la France n’était pas en récession. «L’économie telle qu’on la voit aujourd’hui est plate. Il ne faut pas chercher à voir une surinterprétation de variation à 0,1 point près».
De son côté, le gouvernement continue de tabler sur une croissance de 0,3% cette année et de 0,8% l’an prochain, des chiffres jugés peu crédibles par les économistes.
La semaine dernière, la Commission européenne a jeté un coup de froid en révisant à la baisse à 0,4% son objectif de croissance pour la France. Pour 2013, Bruxelles estime que la zone euro ne devrait afficher que 0,1% de croissance après un repli de 0,4% l’an dernier.
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