Le Sénat pointe du doigt l’optimisme de la France sur la croissance
«La classe politique française se raconte des histoires et ne veut pas voir la réalité». C’est ce qu’a dénoncé hier le président de la commission des Finances du Sénat, Jean Arthuis, à propos de l’hypothèse de croissance de 2,5% en 2012 retenue par le gouvernement dans la loi de Programmation des finances publiques (LPFP) 2011-2014 et par le Parti socialiste dans son nouveau programme 2012.
Alors que le consensus des conjoncturistes en avril tablait sur un PIB en hausse de 1,7% en 2011 et 2012, le rapporteur général, Philippe Marini a critiqué le «choix excessivement volontariste du gouvernement» qui, dans la LPFP, a adopté ce scénario de 2,5% pour 2012 mais aussi 2013 et 2014. Pour le sénateur de l’Oise, il aurait été «plus prudent» de prendre une hypothèse de 2% reflétant la croissance potentielle structurelle française. Celui-ci note cependant, que dans le cadre du Programme de stabilité 2011-2014 voté par le Sénat hier soir - et qui sera présenté au vote de l’Assemblée nationale la semaine prochaine, puis transmis à Bruxelles - la prévision 2012 a été ramenée pour 2012, de 2,5% à 2,25%.
Mais la commission note dans son rapport d’information à destination des parlementaires que le programme de stabilité n’indique pas clairement ce que l’Etat ferait en cas de croissance inférieure à 2,5%. Pourtant, les pouvoirs publics entendent ramener le déficit à 3% du PIB à l’horizon 2013, quelle que soit la conjoncture. Dans le cas d’une hausse de 2% du PIB, le groupe de travail estime les mesures supplémentaires de 5 à 10 milliards d’euros, le plafond (0,5 point de PIB) correspondant à son scénario le «plus prudent» (1,75% de croissance en 2011 et 2% en 2012). Alors que la France s’est engagée à faire 3 milliards d’économies sur les niches fiscales et sociales en 2012, début avril le ministre du Budget, François Baroin, a évoqué autour de 6 milliards d’efforts en plus. Mais la commission constate que l’Etat «semble avoir fait le choix d’attendre l’automne 2011 pour déterminer la nécessité d’efforts supplémentaires».
Philippe Marini appelle aussi à ce que le freinage ambitieux des dépenses publiques prévu sur 2012-2014, à +0,6% , après +2,4% sur la période 2000-2009, soit mieux documenté et détaillé.
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