Le second semestre s’annonce plutôt calme sur les émissions corporates

Leurs besoins sont limités après les injections de la BCE. Les spécialistes misent sur un retour de la dette hybride
Violaine Le Gall

Le marché primaire du crédit a enregistré une activité meilleure que prévu sur les six premiers mois de l’année. «Malgré la volatilité, le marché obligataire a plutôt bien tenu, observe Alain Gallois, responsable mondial des marchés primaires de la dette chez Natixis. Les investisseurs ont des liquidités à placer et ils ont baissé leur allocation relative en titres souverains au profit du crédit qui a offert au premier semestre un meilleur rapport rendement risque et volatilité.»

Les injections de liquidités à trois ans (LTRO) de la BCE ont particulièrement soutenu le marché au premier trimestre. Les émissions non financières, toutes notations confondues, ont clairement dépassé les attentes. Elles ressortent à 107 milliards d’euros contre 140 milliards prévus pour 2012 en début d’année par SG CIB. Les entreprises les mieux notées ont été les plus actives tandis que le haut rendement a été moins dynamique qu’anticipé. «Les taux bas ont permis aux émetteurs comme Veolia Environnement et EDF de placer des titres sur des maturités de quinze ans, souligne Felix Orsini, co-responsable de l’origination corporate chez SG CIB. Comme le rapport de force est très favorable aux émetteurs, les investisseurs deviennent plus flexibles».

Sur le compartiment financier, les banques ont profité des fenêtres d’opportunité pour vendre 63 milliards d’euros de titres seniors non sécurisés, «ce qui leur permet d’envoyer un message rassurant aux marchés, observe Sébastien Domanico, responsable des marchés de dette pour les institutions financières chez SG CIB. Parallèlement, les émissions d’obligations sécurisées ont été moins nombreuses que prévu».

Le marché primaire devrait globalement se calmer au second semestre. Les banques des pays les plus solides ont déjà financé 80% de leurs besoins pour l’année. Le marché de la dette hybride pourrait toutefois se rouvrir comme en témoigne les projets d'émissions de Generali et ABN Amro.

Côté entreprises, beaucoup d'émetteurs ont déjà largement couverts leurs besoins. Mais d’autres pourraient venir sur le marché si les conditions sont encore très intéressantes. Par ailleurs, un retour des fusions-acquisitions pourrait soutenir l’activité.

A plus court terme, «si la détente sur les marchés suite au sommet européen tient, on pourrait observer un retour plus massif des émetteurs d’Europe du Sud», conclut Alain Gallois.

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