Le russe Sberbank s’installe en Europe de l’Est grâce au rachat de VBI
Le numéro un bancaire russe, Sberbank, vient de franchir un premier pas dans son développement international. La banque a conclu un accord la semaine dernière en vue d’acquérir Volksbanken International (VBI). Ce réseau bancaire, présent en Europe de l’Est et dans les Balkans, est détenu à 51 % par l’autrichien Oesterreichische Volksbanken (Ovag) qui l’a mis en vente fin 2010 pour redresser ses comptes et, depuis fin 2004, à parité par le français BPCE (24,5 %) d’une part, et par DZ Bank et WGZ Bank d’autre part. Tous les actionnaires ont signé la lettre d’intention, a précisé Ovag. L’opération doit être finalisée d’ici à la fin de l’année.
Sberbank va ainsi s’implanter en République Tchèque où VBI détient 2 milliards d’euros d’actifs, en Hongrie, en Croatie, en Slovaquie, en Slovénie, en Serbie, en Ukraine et en Bosnie-Herzégovine. Le périmètre de la vente ne comprend pas le réseau de VBI en Roumanie, qui est lourdement endetté. Sans ses activités roumaines, VBI est à la tête de 8,9 milliards d’euros d’actifs et de 311 succursales qui emploient environ 4.000 personnes.
Sberbank entend faire de VBI une plate-forme en vue de futures acquisitions, a expliqué Germa Gref, le directeur général de la banque. «Il s’agit d’une première étape dans la transformation de Sberbank en une banque mondiale», a-t-il déclaré. La première banque russe s’est fixé comme objectif de réaliser 5 à 7 % de ses revenus à l'étranger d’ici à 2014. Au premier trimestre 2011, ses activités en dehors de la Russie, à savoir en Biélorussie, au Kazakhstan et en Ukraine, ont représenté 2,3 % de son activité. Avec VBI, Sberbank fait un pas en Europe de l’Est mais entre par la petite porte. Sur les grands marchés d’Europe de l’Est, la filiale d’Ovag n’atteint pas le cinquième rang. Ses activités portent principalement sur le crédit hypothécaire et les prêts aux petites et moyennes entreprises.
La transaction s'élèverait à 700 millions d’euros, d’après des sources citées par Bloomberg. Sur cette base, BPCE empocherait donc 171 millions d’euros. La valeur comptable de la participation dans VBI, héritée des Banques Populaires, atteignait 77 millions à fin 2010 selon le rapport annuel du groupe français.
Le montant est bien inférieur au 1,8 milliard d’euros attendu par Ovag en février dernier. L’autrichien a obtenu une aide publique de un milliard d’euros en 2009 et en a remboursé 300 millions en avril.
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