Le Royaume-Uni veut protéger les sociétés cibles de rachats
Le Takeover Panel, qui supervise outre-Manche les opérations de fusions-acquisitions, prend fait et cause pour les sociétés opéables. Dans un document de 172 pages, l’organisme a ainsi publié en début de semaine ses dernières propositions pour amender le code, dans le sens d’un durcissement des conditions pour les compagnies prédatrices.
Plus d’un an après le début des consultations, déclenchées suite à l’offre de rachat très controversée du britannique Cadbury par l’américain Kraft, le Takeover Panel a en effet opté pour une réduction des périodes au cours desquelles une société se déclare prête à faire une offre sur son concurrent mais sans se lancer, à quatre semaines maximum. Au grand dam des sociétés de capital-investissement qui soulignent que ce délai est insuffisant pour réaliser des opérations de due diligence et de financement. A l’heure actuelle, les sociétés cibles doivent approcher le Takeover Panel afin d’enclencher une procédure de «put up or shut up», ce qui contraint la société prédatrice à déclarer fermement ses intentions ou bien à ne rien faire au cours des six à huit semaines qui suivent.
Parmi ses autres recommandations, le Takeover Panel entend également œuvrer pour un surcroît de transparence en contraignant les sociétés cibles et prédatrices à dévoiler, séparément et par catégorie, les commissions versées aux conseillers financiers, courtiers, comptables, avocats et conseillers en relations publiques. Egalement au programme: l’interdiction des mesures de protection ou encore des indemnités de rupture – inducement fees – dont les sociétés cibles doivent s’acquitter en cas d’échec de l’OPA.
Les sociétés prédatrices devront aussi divulguer leurs arrangements en matière de financement. Lorsqu’une société déclare ses intentions, les noms des autres potentiels acheteurs, qui ont exprimé un intérêt, devront également être désignés. Enfin, le code stipule aussi que les salariés des sociétés opéables puissent exprimer leur point de vue. «Il sera intéressant de voir comment les parties en présence vont adapter ce code. Les sociétés internationales devront être particulièrement bien préparées étant donné le contraste significatif avec leurs propres règles» estime Jonny Myers, associé auprès de Clifford Chance. Ces propositions vont être soumises à consultation jusqu’au 27 mai prochain, avec une modification de la loi attendue d’ici à la fin de l’été.
Plus d'articles du même thème
-
L’économie japonaise accélère au premier trimestre
La croissance du PIB a dépassé les attentes en début d’année à +2,1 % en rythme annualisé, mais le deuxième trimestre devrait subir les conséquences du conflit au Moyen-Orient, laissant la banque centrale en position d’attente. -
Openstone renforce sa gouvernance avec un directeur général pour la France
Le groupe a recruté Huseyin Sevinç, passé par Eiffel Investment Group et NextStageAM, pour prendre sa direction. -
Les Etats-Unis avancent sur la clarification du statut des cryptoactifs
Après des mois de blocage, le Clarity Act, le texte censé baliser le rôle des gendarmes financiers dans le domaine des cryptoactifs a été voté par la commission bancaire du Sénat américain. -
Ardian investit dans l’éolien en Allemagne
Encouragé par une réglementation favorable aux investisseurs, le millésime ACEEF du fonds français boucle sa première acquisition dans le pays teuton. -
Candriam va tokeniser certains de ses fonds sur Iznes pour accélérer leur distribution
Le gestionnaire de fonds redéfinit ses standards de distribution en combinant technologie blockchain, transparence et efficacité opérationnelle. -
Face à ses rivaux, Nvidia conserve des atouts pour maintenir son leadership dans l'IA
Le géant des processeurs graphiques dévoile ses comptes trimestriels mercredi soir après clôture de Wall Street.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
Contenu de nos partenaires
-
Plus c'est gros....Electricité : l’ère des méga-deals pour satisfaire d’immenses besoins
Les Etats-Unis s’organisent face au brutal réveil de la demande énergétique liée au développement de l’intelligence artificielle -
Une crise qui s'éterniseSans surprise, les 6 milliards d'euros d'économies additionnelles ne suffiront pas
Le Premier ministre confirme qu'il faudra faire davantage d'efforts pour compenser le coût de la guerre en Iran sur l’économie française et financer les nouvelles aides face aux prix du carburant. -
Arrière-penséesL'« algérophobie », ce mot inventé par LFI pour séduire la diaspora
Parmi les descendants de l’immigration nord-africaine, la gauche décoloniale accorde une place particulière aux Algériens, qu’elle entend protéger des Bruno Retailleau et autres supposés nostalgiques de la colonisation