Le Royaume-Uni joue sa crédibilité sur l’annonce de son budget
Le gouvernement britannique danse sur un fil. Alors que des rumeurs insistantes menacent la tête de l’exécutif, le chancelier de l’Echiquier George Osborne dévoilera ce midi une surprise lors de la présentation du budget 2014. Des économies de fonctionnement supplémentaires de 2,5 milliards de livres sur deux ans ont en effet été réclamées aux différents ministères, qui serviront à financer des projets d’investissement destinés à relancer une croissance britannique au point mort sans endommager davantage les finances publiques. Les budgets de la santé, de l’éducation et du commerce international seront épargnés. Les économies permettraient de réduire le montant des baisses de dépenses à effectuer sur les années 2015 et 2016 d’environ 1,2 milliard de livres.
Londres compte ainsi répondre aux critiques de l’opinion publique et des marchés sur l’efficacité des mesures d’austérité. George Osborne compte affecter ces économies au secteur immobilier par un accroissement des mesures fiscales incitatives pour les primo-accédants et les promoteurs. Un nouveau programme de garantie hypothécaire devrait également être mis en place. Parallèlement, le gouvernement britannique compte réformer le mode de gestion des projets d’infrastructures afin d’accélérer le démarrage des investissements dans ce secteur considéré comme stratégique.
Pas de quoi cependant ranimer une croissance anticipée à 1,2% cette année par Londres. Un niveau qui devrait être révisé à la baisse, le consensus tablant sur un rythme de 0,9%. BNP Paribas prévoit un programme d’émission de la BoE étendu à 164 milliards de livres sur l’année fiscale 2013/2014 du fait de recettes fiscales décevantes. Sans compter que l’accélération de l’inflation à 2,8% en février laisse peu de marges de manoeuvre monétaires supplémentaires.
Malgré la menace des agences de notation et les efforts d’austérité déjà consentis, George Osborne devra également se résigner à annoncer que la baisse de l’endettement public qui représente 75% du PIB sera repoussée de quatre ans par rapport à son objectif initial, à l’année fiscale 2017-2018. Alors que le déficit public devrait atteindre 7,7% du PIB sur l’année fiscale qui s’achève à la fin du mois, Fitch et S&P devrait emboîter le pas à Moody’s, qui fut la première à retirer au Royaume-Uni son Aaa.
Signe de la défiance des marchés vis-à-vis de l’économie britannique, la livre a cédé 7% contre dollar depuis le début de l’année, le niveau des CDS à 10 ans ont grimpé à 67 points de base, contre 26 pb le 1er novembre dernier, et la différence avec les taux à 10 ans allemands a atteint 48 pb.
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