Le « Panel Crédit » conserve son enthousiasme pour la classe d’actifs
Le mois d’avril a encore profité au marché du crédit. Les spreads ont globalement continué de se resserrer malgré les brèves tensions créées par la mise sous surveillance de la note des Etats-Unis. L’indice iTraxx Europe qui mesure le coût de la protection contre le risque de défaut des émetteurs les plus traités, s’est resserré de 5 points de base (pb) à 101 pb tandis que, sur le marché cash, l’iBoxx sur les non-financières s’est détendu de 7 pb, à 92,8 pb, son plus bas niveau depuis le début de l’année.
Les gestionnaires croient à une poursuite de la tendance. Le «Panel Crédit Agefi» anticipe à 70% une détente des spreads le mois prochain. Le camp des optimistes a légèrement gagné du terrain par rapport à début avril. CPR AM a relevé sa perspective sur les spreads de neutre à positive. Seul Dexia AM prévoit un revirement de tendance, vers une évolution négative des spreads en mai.
Dans un environnement que les panélistes jugent globalement toujours favorables au crédit, 65% d’entre eux surpondèrent leur exposition à la classe d’actifs, soit un niveau équivalent à celui du mois dernier. CPR AM est passé de neutre à surpondérer, tandis que Pioneer Investments a fait le choix opposé, en réduisant son exposition à neutre. Compte tenu de sa vision pour le marché du crédit, Dexia AM sous-pondère légèrement la classe d’actifs.
La faible part de cash dans les portefeuilles traduit l’engouement quasi général des gestionnaires pour le crédit. Elle ressort à 3,40% contre 3,96% le mois précédent. Il s’agit du plus bas niveau de liquidités dans les fonds depuis mai 2010.
Les gestionnaires souhaitent en effet profiter des obligations qui offrent un rendement important dans un contexte de taux toujours bas. Ainsi, leur catégorie de notation préférée reste BBB et certaines gestions misent même sur le high yield, un mouvement qui se confirme de mois en mois.
Outre les rendements importants offerts (6,8% pour les titres notés BB au premier trimestre), le secteur du haut rendement présente l’avantage d’avoir un marché primaire actif. En avril, les émissions d’obligations non-financières de la catégorie spéculative se sont rapprochées en volume de celles de titres mieux notés. Ainsi, elles ont représenté un peu plus de 4 milliards d’euros contre 5,2 milliards d’euros pour les émissions investment grade. Avec près de 17 milliards d’euros d’émissions high yield depuis le début de l’année, le volume est légèrement supérieur à celui réalisé sur la même période en 2010. Les placements de dettes seniors financières sont également en hausse par rapport à l’an dernier. En revanche, le volume des émissions non-financières de la catégorie investissement, à savoir 31,1 milliards d’euros, est très inférieur aux 51 milliards d’euros émis sur les quatre premiers mois de 2010.
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