Le nouveau gouverneur de la RBI est attendu pour infléchir la chute de la roupie
Raghuram Rajan est attendu en Inde comme le Messie. L’ancien économiste en chef du FMI, qui fut l’un des premiers à alerter avant 2008 sur les risques de crise financière, fraîchement nommé à la tête de la banque centrale indienne (RBI) par le gouvernement et qui prendra ses fonctions le 4 septembre, aura pour première tâche d’infléchir la chute de la roupie, qui est tombée mardi à 61,5, son plus faible niveau historique contre le dollar.
La devise indienne s’est dépréciée de 39% contre le billet vert sur les deux dernières années, mais ce mouvement s’est accéléré ces derniers mois pour connaître un dérapage de 17% contre euro depuis fin mars, de 14% contre dollar depuis fin avril, et même de 18% contre yen depuis mi-mai. Les fonds internationaux ont ainsi vendu 9,1 milliards de dollars de dette indienne depuis le 22 mai, date à laquelle la Fed a évoqué une sortie progressive de son programme de rachats d’actifs. «En mettant bout à bout la stagnation de la croissance, la persistance de l’inflation, et le niveau élevé des déficits budgétaires et des comptes courants, je ne crois pas que l’Inde ait connu pareille situation depuis 1991», déplore A. Prasanna, responsable de la recherche chez ICICI Securities PD.
Suite à l’annonce de la nomination de Raghuram Rajan, la roupie se reprenait légèrement de 0,2% pour remonter à 60,785 contre dollar, et les contrats à terme à un mois sur la devise progressaient de 0,1% à 62,05. «La nomination, ainsi que l’intervention de la RBI sur le marché des changes, ont permis à la roupie de sortir de ses plus bas historiques hier, et de nouvelles mesures sont attendues dans les prochaines semaines. Ce qui devrait au moins soutenir la devise à court terme», estime Dariusz Kowalczyk, stratégiste chez Crédit Agricole CIB.
Mais les marges de manœuvre dont dispose la RBI semblent limitées. «Nous devons intégrer que les interventions de la RBI pour resserrer sa politique monétaire n’ont pas fonctionné. Cela est aujourd’hui très clair», précise ainsi Saurabh Mukerjee, responsable actions chez Ambit Capital. Depuis le 22 mai, la banque centrale a multiplié les interventions sur le marché des changes, mais son gouverneur actuel s’est refusé à relever ses taux directeurs, pour ne pas casser une croissance qui devrait ralentir à 5% cette année, et à recourir à des rachats d’obligations étrangères. Des options que pourraient utiliser Raghuram Rajan.
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