«Le niveau relatif de l’euro semble actuellement être à sa juste valeur»
- L’Agefi : Pourquoi l’euro résiste-t-il aux tensions en Grèce ?
- Nicolas Forest : Depuis la crise de la dette souveraine, la devise européenne est en partie liée à l’évolution des spreads périphériques. Depuis 2011, on utilise ainsi le spread entre les taux italiens et allemands pour estimer le juste niveau de l’euro. Aujourd’hui, malgré les tensions liées à la Grèce, les spreads périphériques sont restés relativement bas (autour de 130 points de base, pb) bien loin des 500 pb de l’année 2012. L’euro résiste donc en premier lieu parce que les investisseurs considèrent que le risque de contagion est limité. Le programme d’achat de la BCE, la création de l’OMT et le mécanisme MES sont autant de filets de sécurité capables de juguler une contagion à court terme. La deuxième raison qui justifie la stabilité de l’euro vient du fait que la devise européenne s’était déjà considérablement dévaluée depuis plusieurs mois. Dans ce contexte, l’euro nous semble relativement à sa juste valeur et seul le changement de politique monétaire de la Fed attendu pour le mois des septembre pourrait la refaire rebasculer vers la parité.
- La livre sterling est-elle devenue surévaluée ?
- La livre sterling s’est considérablement appréciée contre l’euro, revenant ainsi à son niveau d’avant 2008. Malgré les élections et le risque de Brexit, une telle appréciation s’explique par la bonne tenue de la croissance et par la possibilité d’une remontée des taux directeurs en 2016. D’un point de vue valorisation (tant au niveau de la parité des pouvoirs d’achat que des flux), la livre semble cependant surévaluée. A long terme, nous pensons donc que son appréciation devrait s’arrêter.
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