Le Mexique profite de la chute des taux pour revenir vers les marchés européens
Le Mexique signe son retour vers les marchés européens de la dette. L’Etat mexicain a levé cette nuit 1,6 milliard d’euros grâce à sa première émission d’obligations libellées en devise européenne depuis juillet 2010. «Nous souhaitions profiter de l’opportunité d’établir un nouveau benchmark de maturité de 10 ans qui nous permet de fixer un point de référence», a expliqué à Bloomberg Alejandro Diaz de Leon, responsable de la dette publique mexicaine. En outre, 459 millions d’euros d’obligations en circulation de même type mais de maturités plus courtes (2, 4 et 7 ans) ont été échangés contre les nouveaux titres émis. «Ce que nous avons constaté c’est une faiblesse relative de la liquidité sur les titres que nous avons émis en euros, en partie en raison de notre absence depuis près de trois ans du marché de la dette en euros», indique Alejandro Diaz de Leon.
D’une maturité de 10 ans, les obligations portent un coupon de 2,75% pour un rendement de 2,81% offert aux investisseurs qui ont souscrit à hauteur de 2,8 fois à l’émission. Le taux consenti représente un spread de 120 points de base (bp) par rapport au taux de référence mid-swap. Sous l’effet notamment de l’assouplissement monétaire pratiqué par le Japon, le pays profite de la chute des rendements européens de 145 bp à un record de 2,2% sur les titres à échéance 2020, contre une baisse de 89 bp sur les taux américains de même maturité, pour obtenir les plus faibles taux d’émissions en euros de son histoire. Mais aussi de l’aplatissement de la courbe avec une différence entre les taux à 10 ans et ceux à un an de 168 bp, contre 200 bp sur la courbe américaine.
«Le Mexique a obtenu des taux d’intérêt plus faibles que ceux de pays tels que l’Irlande, l’Espagne, l’Italie ou le Portugal» s’est même félicité le ministre des Finances Luis Videgaray. Le taux espagnol de même maturité est de 4,7% pour une notation un cran en-dessous de celle du Mexique chez S&P.
Après une première émission en dollars de 1,5 milliard réalisée en janvier, le Mexique aura ainsi levé 3,5 milliards de dollars depuis le début de l’année, soit la moitié de son programme annuel. Le pays, qui compte se concentrer sur des émissions en dollar, euro et yen, «a été très, très habile pour profiter des fenêtres d’opportunité qu’offrent les marchés internationaux en termes de demande et de spreads. Et ceci même s’il n’a pas de besoin immédiat de refinancement» estime Victor Manuel Herrera, responsable chez S&P au Mexique.
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