Le message de la BoE suscite des interrogations auprès des marchés
Contrairement à la BoE, les investisseurs estiment qu’il faudra moins de trois ans pour que le chômage britannique passe sous le seuil de 7%
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Patrick Aussannaire
Napoléon disait ne pas vouloir de généraux intelligents dans ses armées, mais des généraux chanceux. Si aujourd’hui les généraux ont été remplacés par les banquiers centraux, la chance ne devra pas manquer au nouveau gouverneur canadien de la BoE. En spécifiant qu’il n’attendait pas avant fin juin 2016 que le taux de chômage passe sous le seuil des 7%, condition pour un abandon progressif de sa politique accommodante, Mark Carney ne souhaite pas voir les taux d’intérêt de marché remonter trop rapidement, et ainsi risquer de casser la reprise qui se dessine au sein de l’économie britannique.
Pourtant, les marchés n’ont pas réagi positivement à cette annonce. La livre sterling s’est ainsi envolée de 1,2% hier pour atteindre 1,5531, soit son plus haut niveau depuis un mois et demi face au dollar. Dans le même temps, le rendement des obligations d’Etat britanniques à 10 ans (Gilt) a grimpé jusqu’à 2,56%, au plus haut depuis le 25 juin et 79,7 points de base plus cher que le Bund allemand, soit le spread le plus élevé depuis juin 2010.
De quoi inciter Mark Carney à enfoncer le clou, hier à la BBC radio 4, en indiquant qu’il ne comptait pas commettre les mêmes erreurs que celles qui ont conduit l’économie japonaise dans une longue période de déflation, garantissant ainsi que la BoE conservera ses taux directeurs à 0,5% ainsi que son programme de rachats d’actifs.
Pourtant, le maintien de l’objectif de conserver l’inflation sous le seuil des 2,5% est venu jeter le trouble chez les investisseurs. «Le comité de politique monétaire envoie un signal assez accommodant aux marchés par le biais de ses prévisions en termes de chômage, au moment même où l’économie commence à repartir et que l’inflation reste bien au-dessus de son objectif», explique Morgan Stanley. En outre, ING ajoute que «les marchés doutent qu’il faille trois ans pour que le taux de chômage baisse de 0,8 point.»
D’autant que la BoE a relevé significativement ses prévisions de croissance à 1,4% cette année (contre 1,2% prévu en mai dernier), 2,6% en 2014 (contre 1,8%), et 2,3% en 2015 (contre 2%). «La forte reprise est devenue indéniable, avec une forte hausse des indice PMI services et manufacturier et de la confiance des ménages et des entreprises, les plus fortes ventes au détail depuis 2006, et la plus forte hausse des prix immobiliers depuis quatre ans», indique GaveKal.
Avec un deuxième marché domestique, la banque française répond au manque de diversification qui lui a parfois été reproché. Elle ne cache pas sa volonté de développer rapidement la banque portugaise qui fait maintenant partie du groupe.
Le Panel Actions peine à suivre la nouvelle progression des Bourses américaine et japonaise en mai. Le CAC 40 et l’Euro Stoxx 50 pourraient gagner 2,6% à six mois et au moins 5% en un an. Wall Street ne gagnerait que 3% en un an.
Le PDG du pétrolier, Patrick Pouyanné, s’attend à ce que le prix du baril demeure durablement élevé en raison de cette crise qui devrait en outre inciter les Etats à renforcer leurs capacités en matière d'énergies renouvelables. Un domaine où le groupe français est également actif, contrairement à la plupart de ses pairs.
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Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs.
Les marchés actions ont effacé la correction de mars pour repartir à l’assaut des sommets, notamment Wall Street, portés par une vague de bénéfices exceptionnels et une forte révision à la hausse des perspectives, grâce à l’IA. Mais cette euphorie ne doit pas occulter les nombreux risques encore à l’œuvre.
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