Le MES pourra agir très vite en cas de demande d’aide espagnole
Si l’Espagne se décide enfin à appeler l’Europe à l’aide, l’intervention du Mécanisme européen de stabilité ne serait qu’une question de jours. «Si un pays demande un arrangement de précaution, nous pouvons agir relativement vite», a indiqué à Bloomberg le directeur général du MES, Klaus Regling. Intervenir sur le marché secondaire de la dette de l’Etat en question ne prendrait que deux jours à mettre en place, a-t-il précisé.
Les investisseurs attendent toujours que Madrid demande au fonds européen une ligne de crédit de précaution (enhanced conditions credit line, ECCL). Dans un entretien à Il Sole publié hier, Klaus Regling se range à l’analyse de l’Espagne, qui semble vouloir mettre en place une telle ligne sans tirer sur les fonds, à la seule fin de pouvoir déclencher le nouveau programme de rachats de dette souveraine de la Banque centrale européenne, l’OMT.
«C’est exactement l’idée derrière l’ECCL: le pays qui la requiert ne doit pas avoir dans l’idée de l’utiliser, souligne le directeur général du MES. Si le pays est sûr de l’utiliser dès le départ, il devrait alors demander directement un programme d’ajustement». Klaus Regling précise que l’octroi d’une ECCL ne déclenche pas automatiquement l’intervention de la BCE: «C’est une condition nécessaire mais pas suffisante», la banque centrale décidant «de manière indépendante et sur la base de considérations de politique monétaire s’il faut utiliser ou pas l’OMT».
Dans l’immédiat, Madrid peut déjà demander de quoi recapitaliser son système bancaire, notamment les 30 milliards que les fonds européen peuvent débloquer d’urgence. Créé le 8 octobre, le MES attend là aussi une demande formelle du gouvernement Rajoy avec «un montant final, qui pourrait être la moitié» des 100 milliards d’euros mis à disposition en juin. La recapitalisation se fera par émission d’obligations MES au bénéfice de l’Etat espagnol.
Dans l’intervalle, le Mécanisme européen investit son capital sur les marchés. Il a reçu 32 milliards d’euros sur les 80 milliards prévus, et compte déployer cette ressource d’ici à fin novembre. Il a déjà acheté 4 milliards d’euros de titres d’Etat ou d’institutions internationales «très bien notés», pour l’essentiel en euro. «Nous le faisons à chaque fois pour de petits montants, pour ne pas faire bouger le marché», précisé Klaus Regling.
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