Le marché s’attend à une BCE accommodante sur fond d’inflation stable
La rentrée de la BCE ce jeudi se fera sous haute surveillance. Des économistes s’attendent à ce que l’institution revoie ses prévisions et que son président, Mario Draghi, envoie un message accommodant à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs. La stabilité de l’inflation en août pourrait cependant pousser la BCE à maintenir son discours inchangé.
Hier, Eurostat a révélé que le taux d’inflation annuel était ressorti, comme au mois de juillet, à 0,2% en août. Hors prix de l’énergie, de l’alimentation, de l’alcool et du tabac, le taux d’inflation est aussi resté stable à 1%. Ces chiffres sont supérieurs à ceux attendus par le consensus, qui tablait sur un taux global à 0,1% et sur une inflation «core» à 0,9%. Ils «réduisent la pression qui pèse sur la BCE pour qu’elle en fasse plus lors de sa réunion», estime l’économiste de Natixis Johannes Gareis.
Reste que les marchés s’inquiètent des perspectives de la Chine et de leur impact sur la croissance mondiale. Les anticipations d’inflation ont par ailleurs reculé au cours de l’été. Le taux des swaps d’inflation à cinq ans dans cinq ans était à 1,67% hier alors qu’il avait dépassé 1,8% en juin et juillet. Autant d’évolutions qui font attendre une révision des prévisions trimestrielles d’inflation et de croissance de la BCE et des propos rassurants.
«Le président de la BCE, Mario Draghi, apparaîtra probablement plus accommodant qu’en juillet», écrit l’économiste d’UniCredit, Marco Valli. «Nous ne nous attendons pas à ce que la BCE laisse entendre qu’elle est en train de passer en revue sa politique mais la porte reste grande ouverte pour un renforcement de l’assouplissement monétaire», assure l’économiste.
«Nous pensons qu’il existe de la marge pour que la BCE renforce son langage, en répétant que la politique monétaire restera accommodante (voire plus accommodante si nécessaire) de manière à assurer un ré-ancrage suffisant des anticipations d’inflation à long terme», écrit la recherche de Citi. Celle-ci estime que la BCE pourrait finir par prolonger d’au moins six mois après le mois de septembre 2016, son programme d’assouplissement quantitatif.
«Nous nous attendons à ce que le programme d’achats de titres soit étendu après septembre 2016 et nous pensons qu’une augmentation du rythme mensuel actuel des achats de titres est aussi sur la table», écrit Ken Wattret, économiste chez BNP Paribas CIB, qui n’escompte pas d’annonce avant le quatrième trimestre.
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