Le marché salue les résultats du scrutin européen en Italie et en Grèce
Les marchés ont bien réagi aux résultats des élections européennes de dimanche même si les eurosceptiques ont gagné du terrain dans plusieurs pays. Les rendements des titres d’Etat italiens et grecs se détendaient même significativement.
Hier après-midi, le taux des obligations italiennes à dix ans baissait de 16 pb à 2,98% alors qu’il s’était tendu ces derniers jours avec celui d’autres pays périphériques de la zone euro, à l’approche des élections et sur fond d’incertitudes sur la force de la reprise dans la région.
Cette détente salue la très large victoire remportée par le parti du président du conseil, Matteo Renzi, arrivé en février. Le Partito Democratico a gagné 40,8% des suffrages tandis que le parti eurosceptique de Beppe Grillo, Movimento Cinque Stelle (M5S), obtient 21,2% des voix. Il est suivi du parti de Silvio Berlusconi, Forza Italia qui recueille 16,8% des voix. «Nous étions inquiets que de bons résultats du parti de Beppe Grillo, M5S, n’entravent l’élan de Renzi. En réalité, la position de Renzi au niveau domestique devrait être significativement renforcée par ces résultats», souligne Alex White, chez JPMorgan.
Hier, le rendement des titres d’Etat grecs à 10 ans baissait de façon encore plus marquée, de 25,4 pb à 6,1%. La coalition de la gauche radicale (Syriza) a certes remporté 26,6% des voix et le parti néo-nazi, Aube dorée, a raflé 9,4 % des voix. Mais le parti de la Nouvelle Démocratie au pouvoir a recueilli 22,8% des suffrages et son partenaire de coalition, le Pasok, allié à des petits partis, 8 %. «Nous redoutions qu’un effondrement du soutien au Pasok provoque des perturbations à court terme, assure Alex White, le gouvernement pourrait avoir laissé derrière lui le moment où il était le plus en danger». En Italie et en Grèce, «l’euroscepticisme aurait pu être une menace très sérieuse pour les réformes en attente et le retour des investisseurs internationaux», assure la recherche de RBS.
Au total, le Parti populaire européen (PPE) obtiendrait 213 sièges de députés (contre 274 en 2009). Le groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et des démocrates (S&D) en aurait 190 (contre 196). «Si les eurosceptiques sont plus nombreux et mieux représentés qu’auparavant, ils ne devraient pas constituer une formation suffisamment importante, unie et engagée pour menacer sérieusement le processus législatif européen», conclut Alan Lemangnen, économiste chez Natixis.
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