Le marché immobilier britannique reste atone
Acheteurs et vendeurs de biens immobiliers outre-Manche ne savent décidément plus à quel saint se vouer. Les indicateurs publiés pour le mois d’avril invitent à la prudence. Après que Hometrack a fait part d’une stagnation des prix le mois dernier, Nationwide a décelé un repli, le premier en trois mois, suivi hier par Halifax qui hier a mis en lumière une baisse de 1,4% du marché par rapport à avril 2010. Il faut remonter à septembre dernier pour retrouver un décrochage mensuel plus prononcé (-3,7%) de l’indice publié par la filiale de Lloyds Banking Group.
Le prix moyen d’un bien en Grande-Bretagne se situe dès lors selon Halifax, à 160.395 livres (plus de 182.000 euros), à 20% en-dessous d’un plus haut atteint en août 2007. Et seulement 4% au-dessus d’un plus bas concédé en avril 2009. Sur un an, les prix ont baissé de 4,9%.
D’un côté, la demande immobilière pâtit d’un moral mitigé du consommateur, mis à mal par des signes d’essoufflement de la reprise et de resserrement des conditions d’octroi de crédit. L’organisme patronal CBI a revu hier à la baisse de 0,1 point par rapport à février dernier ses prévisions de croissance du PNB en 2011 (à 1,7%) et 2012 (à 2,2%).
De l’autre, un niveau d’offre anémique tout comme des taux d’intérêt au plus bas (la Banque d’Angleterre a maintenu la semaine dernière son taux directeur à 0,50%) sont autant de soutiens du marché. S’y ajoute selon l’économiste d’Halifax Martin Ellis une évolution favorable sur le front de la création d’emplois (140.000 postes à temps-plein sur trois mois à fin février). Halifax se félicite en outre que le service de la dette immobilière ne représente désormais plus pour un nouvel emprunteur que 29% de ses revenus disponibles, 19 points de moins qu’il y a trois ans et 8 points de moins que la moyenne constatée ces 25 dernières années.
Pour l’heure, Halifax relève une «stabilisation» du volume de transactions «en-deçà pourtant des moyennes historiques». Selon la BoE, le nombre de crédits finançant une acquisition immobilière accordés par les banques britanniques a progressé de 2% entre février et mars, ajusté des variations saisonnières. Après avoir témoigné d’une stagnation des prix au mois de mars, Martin Ellis évoque ainsi désormais à la lecture de ces indices la confirmation d’une tendance sous-jacente de «déclin modeste» du marché.
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