Le marché européen des prêts à effet de levier retrouve des couleurs
Le marché des «leveraged loans» retrouve la faveur des investisseurs sur le Vieux Continent. L’indice S&P LCD European «flow names» calculé à partir des principales offres et demandes enregistrées sur le marché secondaire des prêts à effet de levier européens renoue avec un niveau jamais atteint depuis 2007. Après plusieurs semaines de hausse, il est repassé au-dessus de 100 pour s’inscrire à 100,12% du pair.
Cet indice européen avait chuté de 101% à 90% du pair après la crise des crédits «subprimes». Il avait même plongé au-dessous de 65% du pair après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers quand les établissements financiers et les hedge funds avaient dû liquider leurs positions dans l’urgence.
Le marché européen des prêts à effet de levier est aujourd’hui estimé à quelque 300 milliards d’euros. Pour Mathieu Chabran, directeur général en charge des investissements chez Tikehau IM, les prêts seniors seront l’un des thèmes d’investissement majeurs pour 2013. «Pour l’instant, les loans n’ont pas bénéficié des afflux de liquidités qui se sont dirigés vers les marchés obligataires. Dans un environnement de liquidité abondante, les investisseurs en quête de rendement ont aujourd’hui davantage intérêt à se tourner vers les loans qui rémunèrent davantage les risques que les obligations», explique-t-il.
Les spreads d’émission actuels se situent à un niveau historique record aux alentours de 500 points de base au-dessus du niveau de l’Euribor, contre un niveau moyen de 300 points de base depuis la naissance du marché du LBO européen. «En outre, ces actifs sécurisés bénéficient de garanties et sont à l’abri d’un effet de remontée des taux d’intérêt», ajoute Mathieu Chabran. Les émissions obligataires à haut rendement, elles, sont dépourvues de covenants. S’agissant des défaillances, selon une étude réalisée par l’agence Moody’s, le taux moyen de recouvrement sur la classe d’actifs se limite à 80% en moyenne sur la période récente.
Dans un contexte où de nombreux prêts se traitent aujourd’hui à un niveau proche de leur valeur nominale voire au-delà, les emprunteurs en profitent pour renégocier avec leurs banques afin de réduire leurs coûts de financement, restructurer leur dette et tenter de repousser leurs échéances.
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