Le marché des changes défie la Banque centrale indienne
La Banque centrale indienne (RBI) est impuissante face à la chute de la roupie. Malgré ses efforts répétés, la monnaie indienne est tombée mercredi à un nouveau plus bas historique. Stable en début de journée, elle a fini en recul de 2% sur la journée. La roupie a atteint 64,5450 pour un dollar en dépit, selon des traders, d’interventions sporadiques des autorités monétaires sur le marché.
Mardi soir, la RBI avait annoncé qu’elle achèterait vendredi pour 80 milliards de roupies (928 millions d’euros) d’obligations et qu’elle réduirait ses émissions de billets de trésorerie. Elle a en outre allégé les règles imposées aux banques en matière de détention obligatoire d’obligations. Mais ces mesures n’ont fait qu’alimenter le doute dans l’esprit des cambistes. «Les volte-face de la part des dirigeants se poursuivent», a déclaré à l’AFP Rajeev Malik, économiste chez CLSA. Selon lui, «les dernières annonces de la RBI visent à nettoyer le bazar sur le marché obligataire qu’a provoqué leur défense alambiquée et inefficace de la devise». Un doute qui risque d’alimenter encore un peu plus la chute de la roupie. Selon Deutsche Bank, elle pourrait aller encore plus bas, jusqu’à 70 pour un dollar d’ici à un mois.
Les mesures annoncées mardi soir semblent en effet aller à l’encontre de celles prises en juillet. Celles-ci cherchaient à retirer des liquidités du marché pour freiner le déclin de la roupie. Aucune n’avait eu les effets escomptés. Elles avaient même tendu les taux d’intérêt sur 10 ans à leur plus haut niveau depuis cinq ans, au-dessus des 9%, au pire moment alors que l’économie indienne ralentit dangereusement.
L’annonce des mesures mardi soir a au moins permis de détendre le marché obligataire. Hier, les rendements à 10 ans ont reflué de 49 points de base, mais restent au-dessus des 8%.
L’Inde, dont les comptes courants accusent un déficit équivalent à 4,8% du produit intérieur brut, est particulièrement vulnérable au mouvement de sortie des capitaux étrangers des marchés émergents, lié à l’anticipation d’une réduction du soutien de la Réserve fédérale américaine aux marchés financiers.
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