Le marché de crédit anticipe une poursuite de la correction boursière
Les spreads de crédit ne laissent rien augurer de bon pour les marchés actions. Alors que les Bourses mondiales ont à nouveau clôturé en baisse hier à la suite de mauvais indicateurs économiques en Chine, la correction devrait se poursuivre, à en croire les indicateurs du marché du crédit. Aux Etats-Unis, les spreads high yield avaient commencé à s’écarter dès le début juillet et à diverger des indices actions MSCI World, anticipant ainsi le coup de tabac boursier survenu depuis la mi-août et la dévaluation du yuan. Les spreads en euros se sont beaucoup moins tendus.
Le niveau des spreads du high yield américain constitue historiquement un indicateur du retournement imminent des actions, et de l’entrée dans un marché baissier (bear market). Le passage du cap des 600 points de base, comme en 1990, en 2000 et en 2008, précède une sévère correction boursière, rappellent les stratégistes de Citi.
Ces derniers soulignent cependant qu’il est aussi arrivé à cet indicateur de se tromper: la barre des 600 pb avait été franchie à la hausse en 1998 et fin 2011-début 2012 sans conséquences graves pour les marchés mondiaux. Le poids du secteur de l’énergie dans l’indice américain dans le high yield US depuis l’essor des pétroles et gaz de schiste aux Etats-Unis biaise aussi l’analyse. «Les spreads n’ont pas l’air si larges si l’on exclut les signatures du secteur de l’énergie», note Citi. Mais le compartiment du haut rendement américain n’est pas le seul à envoyer des signaux de stress. Plus de 70% des entreprises investment grade traitent à des niveaux de spread qui se situent deux déviations standards au-dessus de leur moyenne des 12 derniers mois.
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