Le marché américain des obligations adossées à des prêts auto est en pleine explosion

L’appétit des investisseurs pour ces ABS continue de croître. Moody’s pointe toutefois le risque de dépréciation
Krystèle Tachdjian

Le marché des obligations adossées à des prêts automobile (ABS auto) continue de progresser à contre-courant de la morosité ambiante observée dans le secteur de la titrisation. L’appétit des investisseurs, et tout particulièrement des acteurs du private equity, pour cette classe d’actifs s’est encore renforcé au premier semestre. Sur les six premiers mois de l’année, les principaux prêteurs automobile américains, comme GM Financial et Santander Consumer USA ont placé pour 10 milliards de dollars de crédits subprime auto titrisés, ce qui représente un bond de 20% sur un an.

«Le marché du subprime automobile aux Etats-Unis est en pleine expansion avec un niveau d’émission en voie de dépasser les volumes d’émission de 2011», souligne l’agence Moody’s dans un rapport publié mi-juillet. Plusieurs raisons expliquent ce succès. D’un côté, une politique de taux bas de la banque centrale américaine qui favorise la distribution de crédit. De l’autre, des investisseurs en quête d’actifs risqués à haut rendement. Ces derniers mois, la hausse des crédits automobile a été aussi portée par le redémarrage de l’activité du secteur aux Etats-Unis. Au premier semestre, près de 7,3 millions de véhicules ont été vendus outre-Atlantique, soit une augmentation de près de 15% sur un an.

«Le marché du subprime automobile rappelle certaines caractéristiques observées au début des années 90, quand la compétition excessive avait conduit à des dépréciations et entraîné de lourdes pertes qui avaient mis en faillite de nombreux petits prêteurs (…). Si le marché actuel du subprime auto venait à se déteriorer comme par le passé, les investisseurs pourraient subir des pertes comparables, voire même plus importantes», prévient Moody’s.

De là à faire un rapprochement avec l’éclatement récent la bulle des crédits hypothécaires il n’y qu’un pas que certains ne sont pas prêts à franchir. «Personne ne s’attend à une hausse de la valeur d’une voiture au fil du temps, tandis que tout le monde a vu le prix de son logement augmenter», résume chez Blackstone Nadim El Gabbani, cité par Bloomberg, écartant ainsi le risque de spéculation. Certains analystes pointent aussi le fait que les taux de défaut sur les emprunts auto sont généralement moins élevés que pour les crédits immobiliers.

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