Le marché actions chinois reste en berne malgré les réformes

L’indice composite du marché actions de Shanghai est valorisé 9,7 fois les résultats anticipés 2012, contre un ratio moyen de 17,5 depuis 2006
Patrick Aussannaire

Les investisseurs boudent le marché chinois. L’indice composite du marché actions de Shanghai a fini le mois de juin sur une chute de 6,2%. Malgré les réformes impulsées pour ouvrir les marchés chinois aux investisseurs étrangers, l’indice affiche une performance atone de 1,4% depuis le début de l’année.

L’indice est ainsi valorisé 12 fois les résultats de l’année dernière et 9,7 fois ceux anticipés pour 2012. Des niveaux proches des plus bas historiques, et bien inférieurs au ratio moyen de 17,5 observé depuis 2006. Alors que le PIB chinois a été multiplié par cinq depuis l’année 2000, l’indice de Shanghai, en hausse de 50%, n’a que légèrement surpassé le rythme de hausse des prix.

Les investisseurs locaux n’ont ainsi ouvert que 100.000 comptes d’investissements en actions par semaine en mai, contre une moyenne de 260.000 sur les trois dernières années. «La poche d’investisseurs n’est pas assez profonde», estime Morgan Stanley. Le quota de 80 milliards de dollars imposé par Pékin dans le cadre du programme QFII réservé aux investisseurs institutionnels étrangers ne représente que 1% de la capitalisation boursière en Chine. Et Jefferies de mettre en cause la transparence des marchés en Chine et de prôner «des prix plus flexibles» pour attirer les investisseurs.

«Les investisseurs estiment que les actions de catégorie A n’offrent pas de rendements suffisamment intéressants» ajoute Macquarie. Le marché actions est plus utilisé comme un outil de spéculation. Morgan Stanley estime que le taux de rotation annuel des portefeuilles des investisseurs est de plus de 700%, et de plus de 300% pour les fonds collectifs, contre moins de 100% sur les marchés des pays développés.

De plus, les sociétés industrielles chinoises ont vu leurs résultats chuter à un rythme annuel de 5,3% en mai pour tomber à 48,9 milliards d’euros, après une baisse de 2,2% en avril et une hausse de 4,5% en mars. Andy Xie, économiste indépendant cité par le Financial Times estime que les profits des sociétés détenues par l’Etat ont chuté de 10% sur les cinq premiers mois de l’année.

Dans le même temps, les sociétés chinoises se sont portées massivement sur le marché obligataire avec des émissions à court terme qui ont plus que triplé en un an pour atteindre 585 milliards de yuans (73 milliards d’euros) au premier semestre, selon Bloomberg.

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