Le manque de communication de la PBOC nuit à la crédibilité de sa politique
La Banque Populaire de Chine (PBOC) a fait marche arrière mardi en recourant à sa première opération d’open market depuis trois semaines, afin de soulager les tensions croissantes réapparues depuis la semaine dernière sur le marché interbancaire. Certes, le taux Shibor à 7 jours est revenu de 9% lundi à 5,7% mardi suite à l’injection directe de quelque 29 milliards de yuans (3,5 milliards d’euros) de liquidités à sept jours à un taux offert de 4,1%. Mais le mutisme de l’institution sur les raisons qui ont motivé ce revirement, à l’heure où les autres banques centrales internationales ont installé une forward guidance destinée à accroître leur transparence et à favoriser l’ancrage des anticipations des investisseurs, est aujourd’hui pointé du doigt.
«Une fois de plus, le manque de communication des autorités a rajouté à l’incertitude et probablement contribué à rendre la situation plus tendue», estime ainsi Mark Williams, économiste chez Capital Economics. Jusqu’ici, la PBOC avait en effet limité ses interventions, d’un montant total de 300 milliards de yuans, aux opérations bilatérales ciblées de très court terme (SLO) dans le but de ne pas envoyer un message de complaisance vis-à-vis de l’expansion inquiétante des activités hors bilan des banques. Ces dernières doivent aussi apprendre à gérer leur liquidité de manière autonome, selon le souhait des autorités. La banque centrale a d’ailleurs publié un communiqué lundi destiné à rappeler que le système bancaire dispose de réserves excédentaires de 1.500 milliards de yuans. «La PBOC souhaite s’attaquer à la finance de l’ombre, mais pas au détriment de l’activité économique. L’équilibre est ainsi difficile à trouver», résume Mizuho Securities.
Une ambivalence à laquelle s’ajoute le statut particulier dont bénéficie la banque centrale, aux liens complexes avec le pouvoir central. Depuis 2006, le gouvernement chinois dépose sur un compte spécial inscrit au bilan de la PBOC, appelé «dépôts du gouvernement», les recettes budgétaires non utilisées des administrations locales et centrales, ainsi que le produit des émissions obligataires. Ces dépôts augmentent progressivement durant l’année avant d’être dépensés par l’Etat en fin d’année, et transférés auprès des banques commerciales. Or, les restrictions budgétaires imposées par Pékin ont réduit une partie des liquidités transférées auprès des banques, ce qui a accru leurs besoins.
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