Le jeu dangereux du Brexit sur les marchés des capitaux
Le Royaume-Uni joue avec le feu au sujet du Brexit et pourrait bien se brûler les doigts. Un rapport réalisé par Clifford Chance pour l’Association pour les marchés financiers en Europe (AFME) évalue les conséquences d’un vote négatif des britanniques le 23 juin prochain au maintien dans l’Union Européenne sur les banques et les sociétés de gestion basées dans le pays.
Bilan : si les régimes réservés aux pays tiers en Europe pourraient atténuer les effets d’un Brexit, le pays et l’Europe entreraient dans une «longue période d’incertitude quant à l’application de ces régimes», résume Chris Bates, associé chez Clifford Chance.
L’une des conséquences majeures d’un vote négatif serait l’impossibilité pour les banques internationales basées dans le pays d'être en conformité avec le cadre légal (la MiFID et la Directive sur les exigences de fonds propres, CRD). «Ce passeport est essentiel à l’attrait du Royaume-Uni pour nombre d’établissements financiers extérieurs à l’Union européenne. En effet, en basant une partie de leurs opérations dans un État membre, ces établissements peuvent ensuite proposer leurs services à travers toute l’UE sans besoin d’autres autorisations au niveau local», détaille l'étude.
Plus largement, l’AFME insiste sur les conséquences «complexes et chronophages» que le Brexit engendrerait.«Les difficultés opérationnelles seraient réelles tant pour les banques britanniques désireuses d’être actives dans l’UE que pour nombre de sociétés et investisseurs européens qui s’appuient sur l’accès continu au secteur de la banque d’investissement et des services financiers du Royaume-Uni.»
Peu réjouissant pour les banques et les sociétés de gestions donc. Mais un motif d’espoir émerge : l’activation d’un «passeport pour les entités domiciliées dans un pays tiers» dans le cadre du Règlement MiFIR pourrait «sensiblement alléger le problème et permettre la fourniture de services d’investissement professionnels au niveau transfrontalier dans l’UE».
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