Le Japon est désormais attendu sur la troisième flèche de son programme
Shinzo Abe lance officiellement la troisième flèche de son programme. Le Premier ministre japonais a obtenu le feu vert de son gouvernement au projet de budget pour l’exercice débutant le 1er avril 2014, qui prévoit des dépenses publiques de 95.880 milliards de yens (671 milliards d’euros). La hausse de la TVA de 5% à 8%, qui interviendra dès le début de l’année fiscale, permettra à elle seule de renforcer les recettes budgétaires de 4.500 milliards de yens, soit 65% de la hausse totale. Les recettes devraient ainsi atteindre 50.000 milliards, au plus haut depuis sept ans. Un seuil qui pourrait même être dépassé en cas d’une chute du yen plus importante que prévu.
Le budget se base sur une prévision de croissance de 1,4% en 2014/2015, après 2,6% projeté pour l’année en cours. L’économie japonaise a profité de la politique monétaire agressive de la BoJ qui a permis une chute du yen de 20% contre dollar et de 25% contre euro cette année. BNP Paribas table sur une nouvelle dépréciation du yen de 14% à 118 contre dollar fin 2014. Mais le Japon a également bénéficié d’un effet richesse, avec une hausse de 52,85% de l’indice Nikkei en 2013, la meilleure performance mondiale et sa plus forte hausse depuis 1972.
Les recettes supplémentaires seront réparties entre mesures de soutien à la croissance du pays et réduction des émissions. «Un rééquilibrage budgétaire trop rapide pourrait entraver la reprise économique», estime Hidenori Suezawa, analyste chez SMBC Nikko Securities. Le gouvernement a prévu une rallonge de 5.500 milliards (1,1% du PIB), destinée à compenser les effets de la hausse de la TVA sur la croissance.
Mais c’est sur la consolidation budgétaire que Tokyo est le plus attendu si le pays souhaite conserver des rendements faibles, de 0,67% sur le 10 ans. Le déficit devrait se réduire en 2014/2015 à 41.300 milliards de yens, mais il représentera toujours 8,3% du PIB. Le gouvernement prévoit des émissions de 155.000 milliards de yens d’obligations destinées aux investisseurs institutionnels, et 1.600 milliards d’obligations indexées sur l’inflation. Si les nouvelles émissions doivent être réduites de 1.600 milliards à 41.250 milliards de yens, elles pèseront à hauteur de 43% des dépenses totales, et le service de la dette augmentera à 23.200 milliards. Les émissions totales atteindront ainsi 181.500 milliards, avec une extension de la maturité moyenne de six mois, à 8 ans et 5 mois.
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