Le gouvernement japonais cherche à se racheter une crédibilité budgétaire
Tokyo s’est engagé hier sur une réduction des dépenses de 62 milliards d’euros sur deux ans, mais hésite encore à relever le taux de TVA
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Patrick Aussannaire
Si le statu quo observé hier par la BoJ sur sa politique monétaire ultra-accommodante était largement anticipé, elle s’est en revanche montrée plus optimiste sur les perspectives de croissance et d’inflation de l’économie japonaise. «Les économies étrangères se dirigent de façon générale vers une amélioration. En conséquence, les exportations accélèrent. L’investissement des entreprises a cessé de faiblir et l’investissement public continue d’augmenter. La consommation privée reste solide», a énuméré la banque centrale japonaise.
La croissance japonaise devrait ainsi avoir atteint 3,6% en rythme annualisé au trimestre dernier selon une enquête Reuters, un troisième trimestre consécutif d’expansion après les 4,1% enregistrés au premier. L’excédent courant a progressé de 2.100 milliards de yens sur le trimestre, à 646.200 milliards, avec une chute du yen de 21% contre dollar et 28% contre euro depuis mi-novembre 2012 et de respectivement 6% et 8% au deuxième trimestre.
Dans ce contexte, «le moment où la BoJ devrait envisager d’augmenter la taille de ses rachats d’actifs devrait intervenir avant avril 2014, date à laquelle elle mesurera l’impact de la hausse de la TVA sur l’économie», estime CA CIB. Le gouvernement s’était engagé à relever le taux de la TVA de 5% à 8% en avril prochain, puis à 10% en octobre 2015, dans le cadre des efforts destinés à contenir la dette publique, qui a atteint 245% du PIB.
Cependant, compte tenu de l’impact récessif de cette mesure, le gouvernement prévoyant qu’elle réduira la croissance de 0,6 point sur 2014/2015, le premier ministre Shinzo Abe a préféré opter hier pour une réduction massive des dépenses de 62 milliards d’euros sur deux ans pour asseoir sa crédibilité budgétaire, quitte à repousser le relèvement de la TVA. Le budget annuel du Japon est de 723 milliards d’euros, dont 40% sont consacrés au remboursement de la dette.
Craignant qu’une hausse des rendements, qui restent contenus à 0,75% sur le 10 ans, ne viennent casser la politique de croissance du pays, son gouverneur Haruhiko Kuroda a alerté hier le gouvernement sur les dangers de repousser la hausse de la TVA. «Mettre un terme à la déflation et augmenter la TVA ne sont pas contradictoires. Restaurer la santé fiscale est absolument nécessaire et important en soi, mais une fois que la discipline fiscale est assouplie, il est indéniable que cela a un impact négatif sur les mesures monétaires.»
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