Le gouvernement espagnol envoie un message de confiance dans ses finances
Signe du retour à la confiance ou optimisme exagéré ? La porte-parole du gouvernement espagnol, Soroya Sanz de Santamaria a surpris son auditoire en annoncant le 6 juin le remboursement d’une partie de l’aide européenne destinée au sauvetage de son secteur bancaire, soit 1,3 milliard sur 41 milliards d’euros qui avaient été prêtés à 10 ans. «Notre économie en est capable et c’est une facon de renforcer la confiance dans notre pays», a-t-elle ajouté.
Autre annonce phare: la ministre a confirmé la réduction du volume des émissions nettes d’obligations à moyen long terme par le Trésor à hauteur de 10 milliards d’euros, ce qui ramènera à 55 milliards l’appel net au marché cette année.
La nouvelle est tombée alors que le gouvernement espagnol annoncait une série de 40 mesures destinées à relancer l’économie : un programme de 11 milliards d’euros constitué d’une enveloppe de 6,3 milliards d’euros d’aide à différents secteurs et 4,6 milliards de prêts.
Juan Ignacio Sanz, professeur spécialisé dans le secteur bancaire à l’Esade Business School, estime cependant que l’enveloppe de 6,3 milliards d’euros est «insuffisante pour relancer l’ensemble de l’économie espagnole», qui souffre encore d’un taux de chômage très élevé, soit 25% de la population active. Le plan prévoit un programme de soutien aux petites et moyennes entreprises via de nouvelles lignes de crédits et une aide de 800 millions d’euros cofinancés avec l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement. Le gouvernement souhaite stimuler l’achat de nouvelles voitures avec 175 millions d’euros d’aides ainsi que le renouvellement du parc de véhicules commerciaux.
Selon Juan Ignacio Sanz, «le principal souci du gouvernement est de faire comprendre à la population et à l’Union européenne que ces mesures ne vont pas faire augmenter le déficit public espagnol». C’est la raison pour laquelle le gouvernement a insisté sur le fait que sur l’enveloppe de 6,3 milliards d’euros, 2,67 milliards proviendraient du secteur privé et le reste de l’administration. Selon l'économiste, le gouvernement doit infléchir sa politique d’austérité pour favoriser la création d’emplois, condition d’une véritable reprise économique.
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