Le fondateur du hedge fund Galleon a été reconnu coupable de délit d’initié
Wall Street est sous le choc. Après deux mois de procès, Raj Rajaratnam a été reconnu par un jury populaire du tribunal de Manhattan coupable de fraude et de conspiration. Selon les procureurs, le patron du fonds Galleon a gagné 63,8 millions de dollars entre 2003 et 2009 en s’appuyant sur un réseau d’informateurs chargés de lui transmettre des éléments confidentiels sur des sociétés cotés (Goldman Sachs, Hilton, Intel, Google, entre autres). D’après des juges, Raj Rajaratnam devrait en principe écoper d’une peine d’emprisonnement de 15 ans au minimum.
Cette fermeté a surpris Wall Street. Même s’il est désavoué par la plupart de ses pairs, Raj Rajaratnam était en effet persuadé de sortir blanchi du tribunal en utilisant l’argument que sa méthode de travail de collecte d’informations exclusives était similaire à celles des autres gestionnaires de fonds. Une ligne de défense qui s’est révélée insuffisante face au poids des écoutes téléphoniques réalisées par les enquêteurs, un procédé théoriquement limité aux États-Unis à la lutte contre la mafia et le trafic de drogue. Sur les 45 enregistrements diffusés au tribunal, certains propos compromettants de Raj Rajaratnam ont visiblement convaincu les jurés de sa culpabilité.
«C’est mauvais pour les affaires» a aussitôt commenté Donald Lucardi, directeur des investissements alternatifs chez Citigroup. Interviewé sur le site web de CNBC, un trader a expliqué anonymement que «beaucoup d’entre nous espéraient que le jury allait d’une certaine façon désapprouver le gouvernement de traiter le délit d’initié comme un délit mafieux, en écartant par exemple certains chefs d’inculpation». De son coté, le procureur général de Manhattan, Preet Bharara, s’est félicité de la décision du tribunal en déclarant qu’il allait continuer «à traquer et à punir ceux qui pensent à la fois être au dessus des lois et trop intelligents pour se faire attraper» et en rappelant que 47 personnes avaient d’ores et déjà été inculpées de délit d’initié depuis 18 mois.
Les avocats de Raj Rajaratnam ont déjà prévenu qu’ils feraient appel en contestant la légitimité des écoutes téléphoniques. En attendant, l’ancien prodige de Wall Street est sorti libre du tribunal contre le paiement d’une caution de 100 millions de dollars et la pose d’un bracelet électronique pour empêcher sa fuite à l'étranger.
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