Le FMI fait du crédit aux PME un enjeu central de la reprise européenne
L’institution propose de développer le marché des «mini-bonds» et les crédits inter-entreprises, et insiste sur le rôle des financements alternatifs
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Patrick Aussannaire
Les reprises de l’activité qui ne s’accompagnent pas d’une reprise du crédit s’avèrent plus lentes que celles qui s’accompagnent d’une croissance robuste du crédit, au moins pour les premières années, et particulièrement suite à des récessions qui ont entrainé de fortes chutes des prix des actifs». Tel est l’enjeu central défini par le FMI dans un chapitre de son rapport global sur la stabilité financière publié hier. L’institution prend notamment l’exemple des difficultés rencontrées par les PME européennes dans leur accès au crédit.
Si les grandes entreprises bénéficient de coûts de financement historiquement bas, ainsi que d’importantes liquidités par le biais d’une large gamme de chaînes de crédits, le FMI explique que «les réticences des PME à demander des crédits est le résultat des taux relativement plus élevés qui leur sont demandés par rapport aux autres sociétés». Or, le FMI estime que «l’amélioration de la disponibilité du crédit pour le secteur des entreprises en général, et pour les PME en particulier, est essentiel pour apporter un soutien à la reprise économique».
Dans ce contexte, le FMI exhorte à accélérer le développement des marchés primaires et secondaires pour la sécurisation des prêts aux PME. Sur un marché des obligations sécurisées au sein de la zone euro qui représentait 1.000 milliards d’euros en 2012, une part infime de 140 milliards était consacrée à la garantie des prêts aux PME, alors que le stock de prêts bancaires aux PME atteignait environ 1.500 milliards. Le FMI constate en outre que la décote de 16% imposée par la BCE aux titres garantis par des actifs, est largement supérieure à celle des autres actifs qui présenteraient des risques équivalents, tels que les «covered bonds».
Le FMI se montre ainsi favorable à ce que les gouvernements introduisent des clauses de garanties qui couvrent le risque de crédit et le risque souverain, à ce que les prêts aux PME soient intégrés dans le panel de garanties des «covered bonds», ainsi qu’au développement des financements inter-entreprises. Le développement d’un marché obligataire pour les PME, ainsi que des incitations fiscales offertes aux banques pour étendre leur offre de crédit aux PME, sont également évoquées. Enfin, l’institution insiste sur le rôle des sociétés de capital-investissement, et des fonds d’arbitrage comme alternatives aux chaînes de financements classiques.
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