Le financement à court terme des banques est soumis à des vents contraires
Les professionnels déplorent les effets opposés de la nouvelle réglementation des OPCVM monétaires et celle de Bâle 3
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Alexandre Garabedian
Quand les nouvelles règles du jeu des banques et des fonds monétaires s’entrechoquent, c’est tout le financement à court terme des premières qui s’en trouve bouleversé. Les Rencontres des professionnels de la dette et des changes de Paris, le 19 janvier, ont permis de mettre le doigt sur les contradictions des réglementations élaborées en 2010.
En France, terre d’élection des fonds monétaires, la demande des OPCVM rencontrait jusqu'à présent l’offre de papier des banques. Mais au nom de la sécurité, l’Autorité européenne des marchés a décidé de réduire l’horizon d’investissement des fonds monétaires. Les OPCVM dits de court terme ne devront plus détenir d’actif d’une maturité résiduelle supérieure à 397 jours, ni dépasser une maturité moyenne pondérée du portefeuille de 60 jours. Les nouvelles règles s’appliquent au 1er juillet, ou au 1er janvier 2012 pour les fonds existants avant mai 2010.
Les règles Bâle 3, au contraire, encouragent les banques à allonger la maturité de leur financement et à diminuer leur dépendance au marché. Le ratio de liquidité à 30 jours (LCR) testé dès 2011 pénalise notamment les certificats de dépôts. «Sous Bâle 3, un OPCVM monétaire n’est plus reconnu comme un fournisseur de liquidité. Les banques auront à l’avenir beaucoup moins intérêt à émettre des certificats de dépôt à un mois», explique Patrick Siméon, responsable des gestions monétaires chez Amundi.
Pour l’heure, la Banque centrale européenne inonde les banques de liquidités à court terme à prix fixe. L’impasse réglementaire n’a donc pas encore d’effet. «Mais l’on peut s’interroger sur l’évolution du coût du financement à court terme des banques quand la BCE et la Fed mettront fin à leur politique d’allocation illimitée», relève Danielle Sindzingre, responsable mondiale trésorerie et repo de la Société Générale. Pour Jacques Fournier, directeur général statistiques à la Banque de France, «le ratio LCR va conduire à une restructuration partielle du passif des banques» avec un transfert d’une partie du financement de gros assuré par les fonds monétaires vers les dépôts de la clientèle retail.
L’horizon de 397 jours imposé aux fonds monétaires court terme risque aussi de buter avec le futur ratio de liquidité à un an (NSFR) sous Bâle 3. «Cela limitera la capacité de certains OPCVM à répondre aux besoins des banques», estime Patrick Siméon.
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