En juin, les investisseurs en ETF continuent de tourner le dos à l’Europe
L’hémorragie s’accélère sur les ETF actions de la zone euro avec près de 2 milliards d’euros de rachats. Un mouvement qui profite aux actions américaines ou internationales.
Qu’il s’agisse de la hausse des taux de la BCE, de l’appel d’air américain avec l’introduction en Bourse record de SpaceX ou plus structurellement du manque d’attractivité de l’Europe dans un monde énergétiquement contraint, les investisseurs européens en ETF ont de multiples raisons de se détourner de leur propre marché. Cette tendance, déjà très nette en avril et en mai, se renforce depuis le début du mois. Selon les chiffres de Trackinsight, les ETF d’actions de la zone euro subissent 1,9 milliard d’euros de rachats, contre 700 à 800 millions sur les deux mois précédents. Près d’un milliard d’euros s’est évaporé sur la seule semaine dernière.
Ce sont les ETF investis en actions américaines qui en profitent, avec 5,2 milliards d’euros de collecte sur les douze premiers jours de juin. Les véhicules exposés aux actions internationales et des marchés développés complètent le trio de tête, avec respectivement 4,8 et 4,2 milliards de flux entrants. Même les marchés émergents, qui résistaient jusque-là, passent dans le rouge (-210 millions en juin). Au total, les ETF actions captent 12,1 milliards d’euros depuis le début du mois, sur un total de 15,8 milliards.
Les ETF obligataires poursuivent sur leur lancée et engrangent 4,7 milliards d’euros. Les titres américains tirent là encore leur épingle du jeu, avec 1,5 milliard de collecte, plus du double de la zone euro. Les investisseurs sont en particulier attirés par les sous-jacents les plus sécurisés (avec notamment 2,3 milliards d’euros pour les ETF de dette souveraine investment grade) mais aussi de court terme (2 milliards de souscriptions). Tous les actifs refuges ne rencontrent pas le même succès : les produits indexés sur l’or voient ainsi sortir 930 millions d’euros, dont 1,2 milliard sur la seule semaine dernière.
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