Le décrochage de l’économie grecque complique le durcissement d’une politique d’austérité
Athènes mord encore un peu plus la poussière. Les chiffres préliminaires publiés par l’agence de la statistique Elstat révèlent un violent décrochage de l'économie grecque au premier trimestre. Le produit intérieur brut (PIB) s’est replié sur un an de 5,5%, un niveau bien supérieur à celui dévoilé en estimation flash (-4,8%). D’un trimestre sur l’autre, le PIB n’a progressé que de 0,2% contre +0,8% en première estimation. Non seulement la demande intérieure est atone, mais l’exportation de biens et services a aussi reculé.
«Nous prévoyons que l'économie se contractera de 5% cette année. Pour nous, cela signifie que la Grèce ne parviendra pas à atteindre ses objectifs, comme l’an dernier», prévient Emilie Gay, économiste chez Capital Economics. Dans son rapport, la troïka (UE, FMI, BCE) se montre également plus pessimiste en tablant sur une récession de 3,8% cette année. Ces chiffres ont hissé à des sommets le coût du CDS sur la dette grecque à cinq ans. Il a atteint hier en séance un nouveau record à 1.520 points de base (pb), en hausse de 60 pb sur la séance, selon Markit.
Ce dérapage est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement qui tente non sans mal de durcir sa politique d’austérité dans un calendrier serré. Il rend également plus impérieux encore le besoin d’un programme d’aide supplémentaire. Sur la période 2012-2014, le déficit de financement est chiffré par les Européens jusqu'à 170 milliards d’euros. Selon Bloomberg, il serait comblé par 30 milliards d’euros issus d’actifs privatisés, 30 milliards d’euros de roulement volontaire de dette souveraine, 57 milliards d’euros non tirés sur le premier plan et 45 milliards d’euros de nouveaux prêts auprès de la troïka. Reuters évoque de son côté une enveloppe de crédits de 60 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
La bonne tenue des actions européennes est suspendue au test des bénéfices
Les actions ont rebondi en Europe avec l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran et la forte baisse du pétrole. Certains n’y voient qu’un rattrapage désormais achevé, d’autres croient qu'une deuxième vague de hausse est possible si la conjoncture continue de s'améliorer. -
Les dettes AT1 pourraient devenir un sujet de compétitivité pour les banques
La Banque des règlements internationaux a exposé ses propositions pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). L’institution donne l’impression de vouloir imposer aux banques européennes de nouvelles règles complexes, pas toujours adaptées. -
Voyageurs du Monde va quitter la Bourse parisienne
Avantage, regroupant les fondateurs et les actionnaires institutionnels du voyagiste, lancera une OPA simplifiée, voire une offre publique de retrait, au prix de 180 euros par action. Une offre, avec une prime de 24% sur le dernier cours, qui valorise le groupe 807 millions d’euros. -
Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Le Comité d’alerte des finances publiques s’est conclu sur la décision de réaliser 5 milliards d’euros d’économies supplémentaires, après les 6 milliards déjà mis en œuvre depuis avril, mais le déficit pourrait s’alourdir plus que prévu. -
L’Agence française anticorruption multiplie les actions dans le public et le privé
Les condamnations en matière d’atteinte à la probité ne cessent d’augmenter. Près d’une sur deux concerne les collectivités territoriales. L’Agence française anticorruption (AFA) a mené l’an dernier deux fois plus d’actions de sensibilisation à l’égard des acteurs publics. -
Tandis que Proxima lève 411 millions d'euros, la France se laisse distancer dans la fusion nucléaire
Valorisée 2,4 milliards d'euros, la start-up bavaroise attire Google et RWE à son capital lors d'un tour mené par XTX Ventures et East X Ventures. Ses rares homologues françaises, elles, peinent à dépasser quelques dizaines de millions.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
PrésidentielleMarine Le Pen choisit le tribunal des urnes
Ni empêchée, ni réhabilitée, Marine Le Pen a décidé d’ouvrir une troisième voie pour se présenter à la présidentielle. Celle d’un pourvoi en cassation qui suspend sa peine, malgré le risque de se voir imposer un bracelet électronique début 2027 -
Mauvaise piocheMarine Le Pen candidate : scénario noir pour les héritiers du macronisme
Edouard Philippe et Gabriel Attal ont vite réagi, le 7 juillet, pour contrer la candidate qui les menace le plus. Ils estiment Marine Le Pen plus difficile à battre que Jordan Bardella -
EditorialMarine Le Pen candidate : les juges et la politique, troisième round
C’est une leçon pour l’avenir : le pouvoir des juges doit s’arrêter là où la liberté démocratique est menacée