Le Danemark défend sa politique d’arrimage de la couronne à l’euro

La banque centrale a baissé son taux de dépôt à -0,5%, pour la troisième fois en janvier, et maintenu ses interventions sur le marché des changes.
Patrick Aussannaire

Le Danemark répond aux mesures prises par la BCE et la Banque nationale de Suisse. En abaissant hier son taux d’intérêt sur les certificats de dépôts (CD) de 15 pb pour le ramener à -0,5%, la banque centrale danoise (DNB) a procédé à sa troisième baisse de taux directeurs en seulement deux semaines. «La DNB a démontré une nouvelle fois aux marchés qu’elle est déterminée à défendre fortement son arrimage à l’euro», estime Natixis. Les taux de prêts, de compte courants et d’escompte avaient déjà été assouplis à des niveaux de 0,05% pour le premier et zéro pour les deux autres, avec un seuil de 37,5 milliards de couronnes sur les dépôts courants.

«Dans la mesure où le taux sur les CD s’applique aux dépôts supérieurs à ce seuil, la baisse du taux d’intérêt se transmettra directement aux banques et institutions de crédits danoises», précise Citigroup. Après le lancement du programme de rachats d’obligations d’Etat par la BCE et l’abandon par la BNS du taux plancher du franc suisse contre euro, la DNB précise que sa décision fait suite à «des rachats sur le marchés des changes». La DNB a pour mandat de contenir le taux de change de la couronne contre euro dans un intervalle de plus ou moins 2,5% autour de 7,46038.

«Dans une perspective historique, cela veut certainement dire que l’autorité a cédé plus de 10 à 15 milliards de couronnes dans un laps de temps relativement court», explique Citigroup. Bloomberg estime même que les interventions sur le marché des changes auraient atteint un montant record de 100 milliards de couronnes depuis le début de l’année. «Des interventions qui n’ont à elles seules pas été suffisantes pour enrayer les pressions à la hausse sur la devise», comme le rappelle Natixis. Or, les exportations danoises vers la zone euro représentent environ 40% de ses exportations totales, et environ 25% du PIB du pays.

Dans ce contexte, «à ce stade, il pourrait être nécessaire de baisser davantage le taux de dépôts en territoire négatif, même si cela se fait progressivement, au niveau de -0,75% désormais pratiqué à la fois par la BNS et par la Riksbank suédoise», estime BNP Paribas. La devise danoise a néanmoins bénéficié de la hausse attendue cette année des taux de la Fed et de l’abandon surprise du taux plancher de la BNS pour se déprécier de 7% contre dollar depuis le début de l’année et de 15% contre le franc.

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