Le Conseil d’analyse économique se penche sur l'évolution des missions des banques centrales
Dans quelle mesure les missions d’une banque centrale doivent-elles évoluer dans un contexte d’après-crise ? C’est à l’examen de cet enjeu que le Conseil d’analyse économique (CAE) s’est attelé dans un rapport remis hier à la ministre de l’Economie. Les quatre auteurs de ce rapport, qui s’appuie sur une enquête auprès de banquiers centraux et d'économistes, partagent un constat identique : les banques centrales n’ont pas été suffisamment attentives à la stabilité financière. Mais leurs approches divergent quant aux remèdes.
La première lecture, défendue par Christian Bordes (professeur à l’université Paris I-Panthéon Sorbonne), plaide pour un maintien de la séparation entre la politique monétaire (orientée en priorité vers la stabilité des prix) et la politique de stabilité financière, c’est-à-dire la politique macro-prudentielle. Il s’agit donc de conserver un modèle de banque centrale «indépendante, transparente et responsable» tout en l’aménageant «pour le rendre plus efficace». Une démarche qui doit s’effectuer selon le principe d’affectation optimale des instruments énoncé par l'économiste américain Robert Mundell.
La deuxième lecture, soutenue par Jean-Paul Betbèze (chef économiste au Crédit Agricole), Jézabel Couppey-Soubeyran (conseillère scientifique au CAE) et Dominique Plihon (professeur à l’université Paris XIII-Nord), se veut plus radicale puisqu’elle prône l’abandon de ce principe de séparation. Ils estiment en effet que «la stricte application de ce principe a nui, dans la crise récente, à l’efficacité de l’action des banques centrales». Cette meilleure prise en compte de la politique macro-prudentielle vise à placer le canal du crédit et le canal de la prise de risque des banques (diminution de l’aversion à l'égard du risque) sous étroite surveillance.
Dans ce contexte, le trio estime souhaitable l’adoption de mesures destinées à réguler le crédit, en particulier les ratios «loan to value» (rapport entre le prêt et la valeur de marché de l’actif qu’il finance). Il promeut également la mise en place de réserves obligatoires progressives sur les crédits, un instrument jugé plus simple et plus efficace que le matelas contracyclique de Bâle 3. Mais «à pouvoir accru, devoir accru», préviennent les trois rapporteurs. Un devoir accru de coopération et de partage d’information et un écueil de taille : un «risque de capture» tant par les acteurs publics que privés.
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