Le choc d’offre au Japon amène la BoJ à revoir sa copie
Alors que le Japon commençait à sortir de sa phase de décélération économique début 2011 grâce à la reprise des exportations et de la production, le tremblement de terre de mars a complètement changé la donne. Ce dernier exerce désormais une pression à la baisse sur l’activité de la puissance asiatique sous la forme d’un choc d’offre, notamment par la destruction d’usines dans les zones touchées et de ruptures dans la chaîne de production. La production industrielle s’est ainsi effondrée de 15,3% en mars, selon les chiffres publiés hier par la Banque du Japon (BoJ). La chute a dépassé les craintes des économistes, qui prévoyaient un repli de 11% en moyenne.
Au premier semestre, ce mouvement pesant sur la production devrait se poursuivre avec le risque que les pénuries d’électricité nuisent à l’activité du Japon quand la demande d’électricité culminera cet été. La BoJ a donc abaissé sa prévision de croissance du PIB, pour l’exercice 2011 (avril 2011-mars 2012), à 0,6%, contre 1,6 % estimé en janvier. Le choc d’offre entraînera à court terme des goulets d’étranglement sur certains marchés de biens et services, exerçant des pressions à la hausse sur les prix des biens domestiques, note l’institution. La hausse des prix énergétiques et le rééquilibrage entre l’offre et la demande devraient permettre à l’inflation CPI de rester légèrement positive.
Du coup, la BoJ a relevé sa prévision 2011 d’inflation CPI (hors produits alimentaires) à 0,7%, contre 0,3% estimé en janvier. En réaction à ces perspectives, les swaps d’inflation nippons à 5 ans se sont traités à +0,06 % contre -0,04% avant la publication du rapport de la BoJ. C’est la première fois depuis octobre 2008 que de tels swaps se traitent au-dessus de zéro.
Mais dès l’automne 2011, les restrictions d’offre devraient s’estomper avec la reconstitution graduelle de la chaîne de production et le début d’un rééquilibrage entre l’offre et la demande d’électricité, estime la Banque du Japon. L’économie pourrait se redresser à un rythme plus rapide au deuxième semestre, grâce à la production et aux exportations, dans un contexte de croissance mondiale. D’ailleurs, la BoJ voit un net rebond de la croissance du PIB l’an prochain à 2,9% , contre 2% prévu en janvier.
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