Le cas irlandais pourrait pousser la BCE à retarder sa sortie de crise
La crise irlandaise complique la tâche de la BCE. L’autorité monétaire, qui veut résoudre le problème de dépendance des banques européennes à sa liquidité, pourrait décider de retarder sa sortie de crise lors de sa réunion de jeudi. Même si le programme de sauvetage irlandais devrait faciliter le retrait graduel des mesures de liquidité exceptionnelles, compte tenu du risque de contagion, RBS s’attend à un report du retrait prévu des opérations de refinancement long terme (LTRO) à 3 mois et à 1%.
Alors que Gertrude Tumpel-Gugerell, membre du directoire de la BCE, a déclaré vendredi que la banque centrale «n’envisageait pas d’agir comme la Fed» en soutenant davantage l'économie de la zone euro au travers de nouvelles mesures, son homologue finlandais Erkki Liikanen, a de son côté estimé que la BCE pourrait faire marche arrière «si nécessaire» sur l’idée d’un retrait des mesures de soutien de liquidités.
Les résultats de l’opération de LTRO à 3 mois mercredi ont signalé de nouvelles tensions, la BCE ayant prêté à 189 banques près de 38,2 milliards d’euros à un taux fixe de 1%, contre un montant attendu entre 25 et 29 milliards. En octobre, elles avaient été 132 banques à demander 42,5 milliards. Alors que 186 milliards de liquidités à 7 jours (MRO) ont expiré la semaine passée, le surplus de liquidité est estimé à 40 milliards, contre 60 milliards mi-novembre. Dans ce contexte, l’Euribor 3 mois s’est maintenu à 1,04%.
«Même si la BCE décide de ne pas s’avancer un peu plus vers la sortie et que les offres de liquidités à 3 mois restent inchangées, nous n’anticipons pas de nouvelles mesures de liquidités, comme un retour à des offres spéciales à 6 ou 12 mois», estime cependant RBS. Et si les opérations à 3 mois venaient à être prolongées, le scénario d’une indexation à un taux variable semble prématurée, au vu des tensions actuelles. La dernière opération de LTRO à 12 mois devrait expirer avant la fin de l’année.
L’incertitude sur le plan de sauvetage irlandais et les cas espagnol et portugais renforce le scénario de contagion. D’après BNP Paribas, il y a des craintes que les pressions sur le financement des banques européennes s’étendent aux financements en dollars. Le taux swaps à 3 ans s’est tendu vendredi de 4 pb à 1,06%. Sur l’ensemble de la semaine dernière, le taux interbancaire Libor 3 mois, en dollar, s’est tendu à la marge de 1 pb à 0,29488.
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