Le Brésil poursuit sa détente monétaire pour stimuler sa croissance
Le cycle de baisse des taux d’intérêt au Brésil ne semble pas encore arrivé à son terme. C’est ainsi que l’on peut interpréter la décision unanime du comité de politique monétaire (Copom) de la banque centrale du pays, qui a baissé son taux de référence Selic de 50 points de base à un plus bas de 8%. «A ce stade, nous estimons que les risques inflationnistes restent limités», a indiqué le Copom à l’appui de sa décision. La hausse des prix en juin a en effet ralenti à 4,9% en rythme annuel, au plus bas depuis 2 ans.
Si cette initiative correspond aux attentes de la plupart des économistes, cette huitième baisse de taux d’affilée depuis août 2011 traduit la difficulté du pays à contrer un ralentissement économique commencé voici un an. Alors que la croissance brésilienne pour 2012 était estimée à 4,5% par le Ministre des finances en début d’année, il s’attend désormais à une hausse du PIB de seulement 2,5%. Le consensus des économistes tourne autour de 2%, ce qui serait la plus mauvaise performance depuis 2003.
Malgré une politique budgétaire et fiscale accommodante, l’appréciation du real a pénalisé la position concurrentielle des producteurs brésiliens sur les marchés étrangers, tandis que la consommation privée a perdu une partie de son dynamisme. Ceci vient de ses traduire par un repli de 0,8% des ventes de détail en mai, le plus important depuis 3 ans. Le taux de défaillance sur les crédits à la consommation s’est élevé à 8% pour ce même mois, au plus haut depuis 2 ans et demi.
Le ton du communiqué et la situation économique du pays militent donc pour d’autres assouplissements monétaires dans les mois à venir. «J’attends une autre baisse des taux de 50 points de base en août, celle-ci pouvant encore continuer si l’environnement international ne donne pas de signes d’amélioration», pronostique Newton Rosa, économiste en chef chez Sulamerica Investimentos. Selon la banque brésilienne, une baisse d’un point de pourcentage du taux directeur permettrait au pays d’économiser 11 milliards de réaux (4,4 milliards d’euros) sur l’intérêt annuel de sa dette.
En tenant compte de cette baisse, le Brésil continue en outre d’avoir les taux d’intérêt parmi les plus élevés du G20. Ceci lui laisse une marge de manœuvre supplémentaire, sauf si l’inflation revient en force, ce qui n’est pas exclu par certains économistes.
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