Le Brésil concentre tous ses efforts sur la lutte contre l’inflation
Le Brésil reste sur la voie du resserrement monétaire. Alors que certains pays émergents préfèrent conserver une politique monétaire accommodante pour ne pas entamer la croissance et intervenir sur le marché des changes pour modérer la chute de leur devise qui exacerbe les tensions inflationnistes, le Brésil a décidé de concentrer toute sa politique sur la lutte contre l’inflation. Quitte à mettre en péril les perspectives d’activité à court terme. A l’issue de la réunion mensuelle de son comité de politique monétaire, la banque centrale brésilienne (Copom) a ainsi décidé cette nuit de relever une nouvelle fois son principal taux directeur, le taux Selic, de 50 points de base (pb) pour le porter à 8,50%. Il s’agit du troisième resserrement monétaire consécutif qui porte ainsi le total des hausses de taux à 125 pb depuis le mois d’avril.
«Le comité considère que cette décision contribuera à faire refluer l’inflation et à s’assurer que cette tendance se poursuit l’année prochaine», a indiqué le Copom pour motiver sa décision. Le rythme annuel de hausse des prix à la consommation a atteint 6,70% au mois de juin, son plus haut niveau depuis octobre 2011 et dépassant la barre des 6,50% qui correspond à la borne haute du taux d’inflation ciblé par la banque centrale. «Un taux Selic plus élevé permet également de redorer le blason des autorités après l’instauration d’une politique budgétaire expansionnistes», explique Andre Perfeito, chef économiste chez Gradual Investimentos, faisant allusion au mouvement de manifestations historique qui secoue le pays depuis début juin réclamant l’amélioration des services publics et la fin de la corruption, sur fond de hausse des prix.
Le real s’appréciait de 0,7% à 2,2645 contre dollar suite à la décision, mais reste en baisse de 16,5% depuis mars dernier. La dernière enquête hebdomadaire menée par la banque centrale montre que les économistes anticipent un retour de l’inflation à 5,81% d’ici la fin de l’année et une poursuite des resserrements du taux Selic, anticipé à 9,25% fin 2013. Mais cette politique a un prix. Tony Volpon, économiste chez Nomura a baissé ses prévisions de croissance pour 2013 à 1,6% (contre 2,5% précédemment), et à 1,8% en 2014 (contre 2,3%). Selon les économistes interrogés par la banque centrale, la croissance du PIB n’est plus attendue qu’à 2,3% cette année et de 2,8% en 2014, contre 2,4% et 3,0% estimés la semaine précédente.
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