L’arrêt des rachats d’actifs par la BoE pourrait n'être que temporaire
La Banque d’Angleterre (BoE) a décidé d’arrêter hier son programme d’assouplissement quantitatif (QE) lancé en mars 2009. Aux yeux de beaucoup d’analystes, il pourrait ne s’agir que d’une pause car l’économie britannique aurait encore besoin d’être soutenue. Hier les taux d’Etat se tendaient à peine, de 1,5 point de base, à 1,77%.
En juillet dernier, la BoE avait décidé d’augmenter son plan d’achats d’actifs de 50 milliards de livres pour le porter à 375 milliards de livres à la fin octobre. Depuis, la situation en Europe a sensiblement évolué. La Banque centrale européenne (BCE) a fait reculer les tensions sur les marchés en présentant son programme d’achat de dette (OMT). Côté britannique, les minutes de la réunion des banquiers centraux du mois d’octobre ont révélé qu’ils étaient divisés sur le QE. Enfin, l’économie britannique est sortie de la récession avec un PIB à 1% au troisième trimestre.
Plusieurs analystes doutent que la BoE arrête définitivement sa politique d’assouplissement. «L’histoire reste celle d’une stagnation économique», prévient James Knightley chez ING. Il rappelle que le rebond du PIB peut s’expliquer par des événements exceptionnels (dont les Jeux olympiques), que les indicateurs avancés (comme les indices PMI) promettent une moindre croissance dans les prochains mois et enfin que les annonces sur le front de l’emploi (notamment dans la finance) ne sont pas encourageantes. Pour assombrir encore le tableau, la situation dans la zone euro reste problématique et Washington est confronté à l’épineuse question du «mur budgétaire».
Chez Citi, Michael Saunders s’attend à ce que le programme d’achats soit relancé rapidement. La Banque d’Angleterre a déjà fait une pause dans l’assouplissement à deux reprises, au début de l’année 2010 et au printemps 2012, rappelle-t-il. «Le QE n’est pas un outil très efficace pour revigorer la croissance», selon lui, «mais cette impulsion est quand même utile compte tenu de la réduction de l’endettement dans le secteur privé, de la crise de la zone euro, de la faible disponibilité du crédit, de l’austérité grandissante en 2013 et de la tendance des entreprises à investir d’abord à l’international dans les régions en forte croissance».
Outre le prochain rapport sur l’inflation, les analystes suivront désormais de près les résultats du programme de soutien au financement (Funding For Lending Scheme) lancé cet été par la BoE.
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