L’Argentine fait un nouveau geste pour retrouver l’accès au financement externe
L’Argentine tente de se racheter une crédibilité auprès des investisseurs étrangers. Le gouvernement argentin a trouvé un accord avec le Club de Paris sur le remboursement de 9,7 milliards de dollars de dette, tout en se passant de la participation du FMI. L’entorse faite aux habitudes du Club de Paris dans le cadre de ses négociations sur les restructurations de dette permet ainsi à l’Argentine de ne pas se voir imposer de clauses de conditionnalité sur la conduite de sa politique économique. Depuis son défaut en 2001, l’Argentine a rompu toute relation avec le FMI, en s’opposant systématiquement à toute ingérence du Fonds.
«L’accord est une étape significative pour l’Argentine qui a multiplié les gestes envers les marchés internationaux dans l’objectif de récupérer l’accès au financement extérieur», estime le Crédit Agricole. Il prévoit un mécanisme qui s’étale sur cinq ans, avec un premier remboursement de 650 millions de dollars en juillet et un autre de 500 millions d’ici mai 2015 et un taux réduit de 7% à 3% si la dette est remboursée avant 2019. Le pays a déjà versé fin février 5 milliards à Repsol pour compenser la nationalisation forcée d’YPF. Seul le litige avec les fonds vautours reste encore entre les mains de la Cour suprême américaine qui devrait trancher le 12 juin sur une créance de 1,33 milliard de dollars.
«La politique du gouvernement argentin est devenue plus pragmatique depuis l’arrivée au pouvoir du tandem Capitanich et Kicillof (chef du gouvernement et ministre de l’économie) en octobre 2013», estime Natixis. Les autorités monétaires ont procédé en janvier à une dévaluation du peso de 23% contre dollar, augmenté les taux d’intérêt, assoupli les contrôles de capitaux pour renforcer l’attractivité de la devise, et mis en place un nouvel indice d’inflation. A 827 points de base, le spread entre taux argentins et américains est le plus élevé du monde émergent après le Venezuela.
Les remboursements devraient néanmoins peser sur les réserves de change qui ont fondu de moitié depuis 2011 à 28,5 milliards de dollars, malgré une légère reprise en avril. Parallèlement, l’inflation a atteint 39% en avril selon les sources privées, avec une entrée probable en récession de l’économie cette année. «Même s’il s’est réduit, l’écart entre le nouvel indice d’inflation et celui des sources privées persiste», selon Natixis qui ajoute qu’«une nouvelle dévaluation est inévitable».
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