L’année 2011 devrait voir s’amorcer la fin de la « reprise sans emploi »
Une des caractéristiques de la phase de reprise actuelle aux Etats-Unis est qu’elle ne s’accompagne pas d’une reprise concomitante de l’emploi. Le graphique ci-contre montre à quel point l’emploi s’est déconnecté de l’évolution du PIB depuis 2009. Jusqu’à présent, les entreprises américaines ont augmenté leur production en exigeant davantage de leurs salariés, comme le montre l’évolution des horaires de travail hebdomadaires, mais n’ont que peu embauché.
La reprise de l’emploi est un des changements clés attendu pour 2011. Récemment, le rebond de l’activité aux Etats-Unis a commencé à se répercuter sur le marché du travail, avec quelque 200.000 créations d’emplois non agricoles, tant en février qu’en mars, et une baisse du taux de chômage à 8,8% de la population active. Cette tendance devrait se poursuive, et la reprise s’appuiera dès lors sur des bases plus solides, car soutenue par une amélioration des revenus et de la confiance des ménages.
Cette situation n’est pas sans rappeler la situation post-crise de 1991, époque où on avait déjà évoqué le thème d’une «jobless recovery»: alors que le PIB américain avait mis seulement un an à retrouver son niveau d’avant-crise, il avait fallu près de deux ans (en novembre 1992) pour que l’emploi retrouve son niveau de départ, après destruction de 1,7 million d’emplois. Le problème est que 6,5 millions d’emplois manquent à l’appel (contre les 8 millions détruits pendant la «grande récession») et rien ne dit qu’ils auront été récupérés d’ici à fin 2012 ou même 2013. Il faudrait pour cela quelque 250.000 à 300.000 créations d’emplois par mois, alors que le secteur public n’est cette fois pas en conditions d’apporter une contribution positive.
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