L’AMF reçoit le soutien de la Cour européenne des droits de l’homme
La Cour européenne des droits de l’homme confirme les pouvoirs de sanction de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Dans un arrêt de chambre rendu le 31 août, la Cour juge en effet «irrecevable» l’ensemble des griefs qui ont été portés à son attention par le directeur général délégué de la Banque d’Orsay et par un des employés exerçant des fonctions au sein du département «risque arbitrage», et qui avaient été épinglés par la Commission des sanctions de l’AMF en 2008.
«La Cour considère qu’il n’y a pas lieu de douter de l’indépendance de la Commission des sanctions et de son rapporteur par rapport aux autres organes de l’AMF» et que «la loi applicable à l’époque des faits était suffisamment prévisible pour permettre aux requérants de savoir que leur responsabilité professionnelle pouvait être engagée.»
Au mois de septembre 2008, la Commission des sanctions de l’AMF avait infligé à la Banque d’Orsay ainsi qu’à trois de ses collaborateurs une amende de 300.000 euros assortie d’un avertissement dans le cadre d’une opération d’arbitrage. Lors de l’augmentation de capital de la société Euro Disney réalisée au mois de février 2005, la banque avait vendu à découvert un grand nombre de titres mais elle n’avait pu procéder à leur livraison dans le délai de trois jours prévu par la réglementation française. L’opération d’arbitrage consistait à acheter des droits préférentiels de souscription et à souscrire à des actions nouvellement émises tout en couvrant parallèlement cette position grâce à la vente d’actions non encore détenues, en ayant recours à des emprunts de titres.
La Banque d’Orsay avait nié fermement tout caractère intentionnel dans son incapacité à emprunter la quantité nécessaire de titres pour couvrir sa position et revendiqué sa vocation d’arbitragiste qu’elle ne souhaite pas confondre avec des agissements purement spéculatifs. Ayant épuisé l’ensemble de l’arsenal des recours légaux à sa disposition dans le dispositif français, l'établissement financier s’était alors tourné, avec l’un de ses arbitragistes sanctionnés, vers la Cour européenne des droits de l’homme. Les plaignants reprochaient à l’AMF de ne pas avoir satisfait à l’exigence d’impartialité et d’avoir sanctionné sur la base de dispositions ne répondant pas aux exigences d’accessibilité et de prévisibilité. Ils ont été déboutés hier.
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation américaine fait de la résistance
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat. -
Les Ecologistes s'attaquent aux très hauts patrimoines par le biais des successions
Marine Tondelier et la députée Eva Sas du parti Les Ecologistes ont présenté une proposition visant à taxer plus fortement les héritages les plus conséquents. -
Le private equity fait son entrée sur le marché boursier indien
Gaja Alternative Asset Management, premier gérant d’actifs alternatifs à être coté en Inde, entend profiter de l’essor des marchés privés et de la montée en puissance du segment mid-market. -
Meta transige pour 16,68 milliards de dollars et s'évite un procès historique
L’éditeur de Facebook et Instagram met fin à un imposant procès fédéral avec un accord annoncé mercredi 26 août. Les géants des réseaux sociaux sont rendus responsables de la crise de la santé mentale chez les jeunes Américains. -
Le PDG d'Alecta part sur des résultats positifs au premier semestre 2026
Le fonds de pension suédois vient de publier des résultats semestriels bien orientés malgré l'amende écopée pour ses investissements dans Heimstaden Bostad. -
Revolut étrenne son nouveau statut bancaire par un stablecoin euro à l'accent américain
La nouvelle banque française a annoncé le déploiement de son premier stablecoin auprès d'une sélection de clients au Danemark, en Pologne et au Portugal. Le stablecoin, nommé EURR, sera progressivement déployé à plus grande échelle. Il sera intégré à l'application bancaire, mais émis par Bridge, la filiale de Stripe.
ETF à la Une
Les ETF actifs engrangent plus de 89 milliards de dollars de collecte en juillet
- Alain Krief devient global CIO d’Edmond de Rothschild AM
- Le projet de la SEC de supprimer la règle du « meilleur prix » met les investisseurs vent debout
- Vanguard sort trois fonds Ucits actions mondiales
- Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- Les fonds de dettes privées gonflent toujours davantage
Contenu de nos partenaires
-
Un jour, mon fils, tout ceci sera à toiLa taxation de l'héritage, une impasse française
Pour financer la baisse des prélèvements sur le travail, la gauche relance l'idée d'alourdir la taxation des gros héritages, avec des espoirs de rendement probablement surestimés. La droite, elle, reste insensible à l'augmentation du patrimoine hérité et refuse toute hausse de la fiscalité -
CompétitivitéMario Draghi de retour pour secourir une Europe « faible »
Deux ans après son rapport sur la compétitivité européenne, l’ex-patron de la BCE lance un club appelant à des mesures urgentes -
Coulisses« C’était long, long, long » : face aux économistes, les sherpas des candidats à la présidentielle déçoivent
Après avoir passé deux heures avec les conseillers économiques des candidats à la présidentielle, les économistes restent sur leur faim