L’Allemagne, première cible de la guerre commerciale
Union européenne, Canada, Mexique : les Etats-Unis n’ont pas hésité jeudi à imposer à leurs vieux alliés des droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium. Et ce n’est qu’un début si l’on en croit les dernières révélations du Wall Street Journal : le président Donald Trump aurait confié son souhait de ne plus voir rouler une seule berline allemande sur la 5ème Avenue à New York. Une déclaration qui en dit long sur la première cible du protectionnisme américain : l’Allemagne.
Voilà des années, en effet, que les Etats-Unis, mais aussi des observateurs comme le Fonds monétaire international, s’alarment de l’énorme excédent courant allemand qui mesure l’excès d’épargne sur l’investissement. Cette pelote a atteint l’an dernier 8,5% du produit intérieur brut de l’Allemagne et ne cesse de gonfler chaque année. Elle trouve ses racines dans les années de modération salariale qui ont accru la compétitivité du pays à l’export et bridé la consommation intérieure ; dans le vieillissement de la population, favorable à l’épargne ; et dans une politique budgétaire bien plus restrictive outre-Rhin que chez les pays voisins.
L’excédent courant allemand se situe désormais largement au-delà du seuil de 6%, considéré par la Commission européenne comme le signe d’un déséquilibre macroéconomique majeur. Mais ni Bruxelles ni les Etats membres de l’Union européenne, plus sourcilleux lorsqu’il est question de déficits, n’ont su convaincre Berlin de remédier à cette anomalie. Les discussions dans le cadre d’instances internationales comme le G20 n’ont rien donné non plus. Les recettes sont pourtant connues : un soutien aux salaires et au pouvoir d’achat, et une relance de l’investissement public en infrastructures, mais aussi en matière de défense, comme le souhaite Donald Trump. En s’attaquant de front à l’un des principaux déséquilibres en zone euro, le président américain pourrait paradoxalement rendre service aux voisins de l’Allemagne.
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