L’agence Moody’s abaisse de deux crans la note souveraine de l’Italie
La note Baa2, assortie d’une perspective négative, place la Péninsule à seulement deux crans de la catégorie spéculative
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Yves-Marc Le Reour
Moody’s a abaissé cette nuit de deux crans la note souveraine de l’Italie, de A3 à Baa2, tout en maintenant la perspective négative du pays en raison des pressions grandissantes sur la zone euro, qui pourraient affecter davantage l’économie italienne. Cette décision place la dette à long terme du pays seulement deux crans au-dessus de la catégorie spéculative. Cette note est par ailleurs inférieure à celle de Standard & Poor’s et de Fitch.
« L’Italie a plus de risques de connaître une hausse brutale de ses coûts de financement ou de ne plus avoir accès aux marchés financiers (...) en raison de la confiance de plus en plus fragile des marchés et du risque de contagion émanant de la Grèce et de l’Espagne », explique l’agence dans son communiqué. « Le risque d’une sortie de la Grèce de l’euro a augmenté et le système bancaire espagnol va endurer davantage de pertes qu’attendu », ajoute-t-elle.
L’agence, qui attend désormais une contraction de 2% du PIB italien pour 2012, justifie également sa décision par le fait que les perspectives économiques à court terme se sont détériorées. Les statistiques les plus récentes ont montré que le taux de chômage a dépassé les 10% en mai pour le troisième mois consécutif, les ventes de détail en avril ayant chuté de 6,8% d’une année sur l’autre.
La baisse de la croissance et une nouvelle progression du chômage empêcheraient l’Italie de remplir ses objectifs de réduction des déficits, avec le risque qu’elle « ne puisse plus se financer auprès des marchés financiers », craint Moody’s. Si le Fonds monétaire international prévoit pour le pays un excédent budgétaire structurel de 0,5% du PIB en 2013, son dernier rapport prévoit une nouvelle hausse de sa dette publique à 126,4% du PIB l’an prochain contre 125,8% en 2012. Le taux de ses obligations d’Etat à 10 ans est remonté au-dessus des 6% au cours des dernières semaines, suite à l’annonce des mesures annoncées pour l’Espagne.
Cette baisse de la note italienne par Moody’s est particulièrement malvenue car le pays doit procéder aujourd’hui même à une émission obligataire souveraine de 5,25 milliards d’euros. « Cela va peser sur le rendement des obligations italiennes », pronostique Shane Oliver, économiste en chef AMP Capital. L’initiative a par ailleurs entraîné une baisse de l’euro sur les marchés asiatiques, la monnaie unique tombant à un plus bas de 2 ans par rapport au billet vert, en-dessous de 1,22 dollar pour un euro.
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