L’activité en zone euro reste déprimée
L’économie européenne est loin de reprendre des couleurs comme le font les marchés financiers depuis que la Banque centrale européenne (BCE)s’est engagée à endiguer la hausse des taux souverains. Selon les indices PMI publiés par Markit, des bons indicateurs avancés de l’évolution du PIB, l’activité en zone euro s’est encore contractée au début du quatrième trimestre. Le ralentissement s’est même amplifié par rapport au mois précédent : l’indice composite est ressorti à 45,8 en octobre contre 46,1 en septembre.
Le ralentissement de l’activité décélère un peu dans les services (avec un indice à 46,2 contre 46,1) mais il accélère dans le secteur manufacturier (à 45,3 contre 46,1). Ce secteur souffre notamment d’une baisse des nouveaux contrats. L’activité se contracte aussi bien en Allemagne qu’en France même si dans l’Hexagone, le ralentissement est moins marqué que le mois dernier (avec un indice composite à 44,8 contre 43,2).
«Une baisse du PIB sur le troisième trimestre sera probablement confirmée et (…) l’économie française pourrait terminer l’année en récession», prévient Jack Kennedy, économiste chez Markit. Outre-Rhin, le secteur manufacturier souffre de la baisse des exportations notamment vers l’Europe du Sud et du ralentissement de la demande en Asie. L’indice composite est ressorti à 48,1 contre 49,2 en septembre.
En zone euro, «si la baisse du PIB ne s’annonce que modérée au troisième trimestre, la contraction pourrait s’accélérer au quatrième», écrit Chris Williamson, chef économiste chez Markit, qui s’attend à un repli trimestriel du PIB de 0,5%. «La région pourrait sortir de la récession plus tard qu’au premier trimestre 2013», avance Greg Fuzesi, chez JPMorgan. Les annonces de la BCE - dont la présentation du programme d’achat de dette souveraine (OMT) - se sont surtout fait sentir sur les marchés financiers. «L’Europe est dans une mini-dépression: les opérations de refinancement à long terme (LTRO) ont aidé les banques à financer leurs portefeuilles de prêts défaillants, les achats de dette vont aider les gouvernements à financer leurs déficits mais l’Europe manque, comme toujours, d’un plan pour la croissance», déplore Kit Juckes à la Société Générale.
L’économiste d’Unicredit Marco Valli souligne cependant que «la réalité pourrait ne pas être aussi mauvaise que ce que décrivent les enquêtes. Les dernières données officielles le confirment». Il table sur une baisse du PIB de 0,3% au troisième trimestre (sur un mois), mais les chiffres définitifs pourraient être meilleurs. Et parie toujours sur un retour de la croissance dans la première moitié de 2013.
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