La volatilité fait son grand retour sur les marchés
Il n’y avait pas que l’écrasement des taux et son corollaire, le haut niveau des indices, qui inquiétaient récemment les investisseurs.
Le calme qui régnait sur les marchés d’actions aussi. Il est clair que le second appartient au passé : la volatilité a resurgi avec brutalité et fait déjà des dégâts.
Le comportement du marché lundi est plein d’enseignements, y compris pour les régulateurs.
La volatilité, qui mesure l’ampleur des variations du cours d’un actif financier, a été ranimée par la surprise née de la résurgence soudaine de l’inflation salariale qui, ajoutée à l’inflation résultant de la baisse du dollar, peut créer les conditions d’une récession aux Etats-Unis.
Des facteurs techniques ont fait le reste.
Le pari massif fait par nombre d’investisseurs que se couvrir, autrement dit s’assurer, contre le risque d’une volatilité quasi-inexistante n’avait plus de sens, les a conduits à « vendre » de la volatilité qui est sur les marchés une classe d’actif comme une autre.
Son retour inopiné – elle a retrouvé des niveaux plus vus depuis 30 mois - les a pris au dépourvu et mis sous forte pression.
Un fonds spécialisé de Credit Suisse, tourné vers ceux qui souhaitaient parier contre la volatilité, a dû cesser ses transactions hier, non sans laisser à ceux-ci de lourdes pertes à essuyer.
Cet emballement de la volatilité a aussi déclenché des ventes automatiques de fonds gouvernés par des algorithmes sensibles à ce critère comme facteur de vente.
Cette hypothèse retiendra sûrement l’attention des régulateurs, surtout les banquiers centraux, en tant que facteur potentiel d’instabilité financière.
Des signes de diffusion de la volatilité aux marchés de taux était d’ailleurs perceptibles hier.
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