La Turquie s’oriente vers un resserrement plus sévère de ses conditions monétaires
L’heure du resserrement monétaire semble avoir sonné en Turquie. Le rythme de croissance de l’économie turque au troisième trimestre a surpris positivement hier, en atteignant 4,4% sur un an, alors que le consensus tablait sur une hausse de 4,1%. A elle seule, la consommation des ménages a contribué à hauteur de 3,3 points à la croissance du PIB.
En outre, après six trimestres consécutifs de contraction, les investissements privés ont affiché une contribution positive d’un point. Seul le commerce extérieur a amputé l’activité de 2,2 points. Des chiffres qui montrent que «l’activité économique reste résistante malgré la volatilité sur les marchés financiers et la politique monétaire restrictive menée par la banque centrale», estime BNP Paribas CIB. Les perspectives de fin d’année sont plus mitigées, avec certes un indice PMI en hausse à 55 points en novembre, au plus haut depuis mars 2011, mais une chute de la production industrielle de 0,5% en octobre.
De quoi donner des marges de manœuvre à la banque centrale pour s’attaquer à l’inflation, qui à 7,32% en novembre, demeure bien au-dessus de son objectif de 5%. D’autant que la roupie a cédé 16% de sa valeur contre dollar depuis le début de l’année et 19% contre euro. La devise a atteint son plus haut niveau historique contre euro hier à 2,792, et reste proche de son plus haut de 2,05 atteint début septembre contre le billet vert.
Dans ce contexte, «lorsque la Fed lancera officiellement son tapering, Moody’s s’attend à ce que la Turquie rencontre des difficultés à moyen terme pour financer son déficit courant», estime l’agence.
Après avoir laissé son taux de refinancement à une semaine inchangé à 4,5%, RBS estime que «la banque centrale ayant réussi à faire revenir l’économie sur un sentier de croissance acceptable, elle devrait à présent se recentrer sur ses autres objectifs. Les marchés devraient ainsi se préparer à un durcissement surprise de ton à l’occasion de sa prochaine réunion mensuelle».
L’autorité a pourtant déjà pris des mesures de resserrement monétaire le mois dernier en augmentant le coût moyen de financement interbancaire à 7,02%, ainsi qu’en interrompant provisoirement ses opérations de refinancement à un mois, ce qui devrait le porter à 7,75%. Aussi le rendement des obligations turques à deux ans s’est-il renforcé de 405 pb depuis mai, pour atteindre 9,09% hier.
Plus d'articles du même thème
-
BNP Paribas AM Alts tutoie le milliard d'euros pour son deuxième fonds de co-investissement
La plateforme d’investissements alternatifs de BNP Paribas AM récolte 962 millions d'euros, dépassant l'objectif de levée initiale de plus de 60 millions d'euros. Environ 1/3 est apporté par la clientèle de BNP Paribas Wealth Management. -
Ramify et Nelia Titres lancent une plateforme de compte-titres dédiée aux personnes morales
La fintech et la filiale du groupe DPLK unissent leurs forces pour capter la trésorerie des entreprises dès 50.000 euros. -
La banque centrale chinoise lance un nouveau taux au jour le jour
L'autorité monétaire du pays se dote d’un nouveau taux repo pour mieux gérer les conditions de liquidités et se rapprocher des modèles des autres grandes banques centrales. -
Le crédit réaccélère sa croissance en zone euro
Les tendances du crédit se sont améliorées en mai, avec une croissance annuelle des prêts au secteur privé repassée à +3,3%, portée par une reprise des prêts aux entreprises. -
Les actionnaires de Prosus tireront parti de ses bons résultats
Le conglomérat technologique néerlandais, qui a relevé de 40% son dividende annuel, lance un nouveau programme de rachat d’actions de 5 milliards de dollars. -
La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Un des héritiers de Leonardo Del Vecchio souhaiterait que la holding familiale Delfin cède ses participations dans le secteur financier, ce qui pousserait à des désengagements de Generali, Monte dei Paschi et UniCredit.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
InfrapolitiqueLe "Collectif Dernier Étage", laboratoire politique de l’ère climatique
Des Parisiens ont crée un collectif emblématique des nouvelles formes de politisation de l'époque : une prise en main citoyenne et une mobilisation sur une cause unique, résolument orientée solutions -
« Quel loser » : Joe Biden charge Donald Trump
A l'approche des élections de mi-mandat, Joe Biden s'en est pris violemment à son successeur Donald Trump. Lors d'un discours prononcé ce week-end dans le Maryland, le démocrate a dénoncé une « corruption éhontée à un niveau jamais atteint dans l'histoire des Etats-Unis » -
IdentitésExtrême droite : le grand renversement
La famille du résistant honoré par la République a refusé la présence de représentants du Rassemblement national, au nom de la « continuité historique » entre eux, les collaborateurs et les nazis qui assassinèrent le grand historien