La Turquie profite d’une accalmie pour assouplir sa politique monétaire
La période d’accalmie sur les marchés émergents permet à la Turquie de lâcher du lest. La banque centrale (CBRT) a surpris hier en relâchant à hauteur de 50 pb l’étau imposé à son taux directeur en janvier, pour le ramener à 9,5%. Il demeure néanmoins supérieur de 175 pb à ses niveaux d’avant janvier.
En outre, les taux d’emprunts au jour le jour, mais surtout les taux de prêts ont été laissés inchangés à 8% et 12%. En maintenant le taux de prêts à 12% et celui pour les «primary dealers» à 11,5%, la CBRT a élargi l’intervalle de fluctuation de ses taux effectifs en conservant la possibilité de resserrer ses conditions de prêts à 12% si nécessaire.
Depuis début avril, elle a d’ailleurs assoupli ses conditions de liquidités, ce qui avait permis de ramener le taux de dépôt au jour le jour de 10,88% lundi à 8,73% hier, alors que le rendement des obligations d’Etat à 10 ans en devise locale a chuté d’un point haut de 11,01% atteint le 24 mars, à 8,84% hier. Il est revenu ainsi sur ses niveaux de novembre 2013. Les investisseurs se sont même rués sur les obligations adjugées en début de semaine par l’Etat qui a levé 7 milliards de lires, avec un ratio de couverture de 6,8 sur les titres à 2 ans, et 5,3 sur les obligations indexées à 10 ans.
Le resserrement monétaire opéré en urgence en janvier a permis à la lire de se renchérir contre dollar de 12% depuis le 24 janvier et de 7,5% depuis un mois. De quoi permettre une baisse du déficit courant à 60 milliards de dollars sur douze mois glissants fin mars, contre 62,4 milliards en février. Si la CBRT a justifié sa décision par une amélioration «des primes de risque sur l’ensemble des maturités», BNP Paribas CIB, seule à avoir anticipé cet assouplissement, met néanmoins en avant des raisons «plus politiques que macroéconomiques» qui remettent en cause la crédibilité de sa politique ciblée sur l’inflation.
Malgré la hausse récente de la lire, l’inflation a atteint 9,4% en avril, un niveau déjà près de deux fois supérieur à l’objectif de la CBRT. Avec la baisse des taux directeurs décidée hier, les taux d’intérêt réels sont ainsi proches de zéro, et pourraient s’enfoncer en territoire négatif si l’inflation accélère à 10% en mai, comme le prévoit BNP Paribas. A titre de comparaison, le Brésil a également mené une politique monétaire restrictive avec des taux directeurs à 11%, malgré des taux réels autour de 450 pb.
Plus d'articles du même thème
-
Holcim va céder le contrôle de sa filiale philippine à un groupe chinois
La transaction, qui s’effectuera en deux étapes, valorise au total ces activités à plus de 807 millions de dollars. -
La nervosité des investisseurs à l'égard de l’IA grimpe d’un cran au cœur de l’été
Le secteur des semi-conducteurs s’est subitement envolé en Bourse en fin de semaine après s’être effondré lors des jours précédents. Des réactions extrêmes qui traduisent la fébrilité du marché quant aux perspectives de l’intelligence artificielle. -
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026. -
La baisse du bitcoin continue d'affecter les bénéfices de Coinbase
La plateforme d'échanges de cryptomonnaies multiplie les initiatives pour diversifier son offre. Toutefois, ses résultats financiers restent à la merci du cycle de la première des cryptomonnaies. -
En août, vos opérations de change peuvent vous coûter beaucoup plus cher
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d’oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
M&G nomme un ancien dirigeant de H.I.G. à la tête de sa plateforme d’infrastructures
John Bruen rejoindra Infracapital le 1er septembre, en remplacement de Martin Lennon, qui partira à la retraite.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- Un gestionnaire d’actifs saoudien liquide un fonds géré par un gérant français
- BNP Paribas et Natixis vendent l’éditeur de logiciels SLIB à Objectway
- Raphaël Zenou rejoint Natixis IM pour développer les ETF
- Amundi surfe sur une vague de records au deuxième trimestre 2026
- Le taux d’opposition des gérants en assemblée générale reste élevé
Contenu de nos partenaires
-
Mur des lamentationsEmmanuel Macron, le « doudou » et les « pleureuses »
Entre 2012 et 2014, François Hollande ironisait sur les « pleureuses » (les patrons) qui venaient se lamenter dans le bureau de leur « doudou » ( Emmanuel Macron) -
Come backPrésidentielle : comment Hollande drague à son tour les patrons
Depuis quelques mois, l'ex-président honni rencontre de nombreux chefs d'entreprise qui prennent en considération son futur programme. Ce n'est pas de l'amour, mais de l'intérêt bien compris -
EditoImmigration : il y aura un avant et un après Ceuta
Cette crise a valeur de test pour l'Europe mais aussi pour les candidats de gauche et de droite à la présidentielle