La Turquie et la Slovénie profitent d’un répit pour financer leurs besoins
Est-ce le signe d’une détente pour les pays émergents ? Deux semaines après une hausse des taux directeurs record de la banque centrale (CBRT) pour endiguer la chute de sa devise, la Turquie a émis mercredi 1,5 milliard de dollars d’obligations ayant une maturité de 31 ans, la plus longue jamais réalisée par le pays. Fort d’un carnet d’ordres d’environ 5 milliards, le maillon faible des «BIITS» (composés également de l’Inde, de l’Indonésie, du Brésil et de l’Afrique du Sud) a concédé un taux de 6,7%. Un niveau supérieur de 116 pb au rendement des obligations à 10 ans de référence libellées en dollar cotées sur le marché, et de 85 pb par rapport aux 5,85% concédés le mois dernier sur son émission en dollars à 10 ans.
En début de semaine, c’est la Slovénie qui levait 2,5 milliards de dollars à 5 et 10 ans pour sa première émission en billet vert depuis l’injection de 3,5 milliards d’euros par l’Etat dans le système bancaire du pays en décembre dernier suivie de la création d’une structure de défaisance. Le carnet d’ordres a même dépassé les 16 milliards d’euros, ce qui a permis au pays d’offrir une marge de 280 pb au-dessus des obligations du Trésor américaines de mêmes maturités. Les investisseurs américains et britanniques ont d’ailleurs accaparé 80% de la demande.
Depuis le début de l’année, la Turquie a levé 4,6 milliards de dollars, assurant ainsi 70% de son objectif annuel de financement. Bloomberg estime que les pays émergents ont levé un total de 33 milliards de dollars depuis le début de l’année jusqu’au 11 février. Un montant record sur cette période depuis 1999, et qui représente déjà 38% de leurs besoins annuels estimés par Morgan Stanley.
Si la livre turque est remontée de 6,5% contre dollar depuis son plus bas du 24 janvier et n’accuse plus qu’une baisse de 2% depuis le début de l’année, les tensions perdurent. Hier et avant-hier, la CBRT n’a pas fourni suffisamment de liquidités pour couvrir les 3 et 6 milliards de livres de titres de pension à deux semaines arrivant à maturité, ce qui a contraint les banques à se refinancer à un taux de 11,5% pour assurer leurs besoins sur le marché monétaire. De quoi faire grimper le taux au jour le jour à 11,6%, soit 160 pb au-dessus du taux directeur. «La CBRT conserve une politique de liquidités restrictive en vue du paiement des salaires de la fonction publique», explique BNP Paribas CIB.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français